Présidentielle du 17 avril : Louiza Hanoune persiste et signe – «Le scrutin était propre»

«Les élections ont été honnêtes, il n’y a pas eu de fraude, cette fois-ci. Je n’ai jamais vu d’élections aussi propres depuis 1997. Bouteflika a gagné le peuple a choisi la stabilité».

Ce sont là les points essentiels, exprimés, hier, par la porte-parole du Parti des Travailleurs, Louiza Hanoune, lors d’une conférence de presse qu’elle a animée, hier, en son siège national à El Harrach. Pour la seule femme candidate au dernier scrutin présidentiel, «le peuple, à travers le scrutin du 17 avril, a dressé un rempart contre les menaces, de l’extérieur et de l’intérieur, ciblant l’intégrité et la souveraineté du pays». Raison pour laquelle, en dépit de son échec cuisant, alors qu’elle n’avait de cesse d’affirmer que s’il devait y avoir un deuxième tour, elle y serait présente avec le désormais président de la République, Abdelaziz Bouteflika, elle a insisté hier sur le rôle qu’a joué son parti dans le choix du peuple qui a «fait passer en premier la stabilité du pays». Evoquant «le cheval de bataille» enfourché par certains candidats pour tenter de séduire l’électorat, à savoir la fraude, Louiza Hanoune s’est dite offusquée par ces allégations et que «depuis les élections de 1997, il n’y a jamais eu d’élections aussi propres». «Pour la première fois depuis les présidentielles de 1995, les élections du 17 avril dernier se sont déroulées dans des conditions globalement normales, du point de vue du respect du libre arbitre, sans violence ni pression sur les consciences», a-t-elle fait savoir avant d’ajouter que «cela constitue une avancée démocratique certaine». Affichant une satisfaction certaine, en dépit du fait qu’elle fut classée à un rang loin de justifier l’euphorie dont elle fait preuve depuis l’annonce des résultats, Louiza Hanoune a fait savoir que «ce scrutin est un vote refuge, résistant et défensif, qui a exprimé un rejet clair du chaos, une opposition franche à la remise en cause des acquis socio-économiques et au pillage étranger». C’est pourquoi, et compte tenu des «similitudes des revendications avec celles que son parti défend, la porte-parole du PT a fait savoir que «tenant compte des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles s’est déroulé le scrutin, c’est la première fois que Abdelaziz Bouteflika est investi d’un mandat clair et sans bavures». Pour ce qui est de l’urgence de l’heure, maintenant que Bouteflika a les coudées franches étant conforté par la confiance du peuple, Louiza Hanoune a indiqué que «la balle est, à présent, dans le camp du Président». Ce qui, en plus clair, signifie que le peuple veut consolider la paix et la souveraineté et qu’il aspire, à présent, à voir les promesses électorales se concrétiser sur le terrain. Et pour ce faire, Louiza Hanoune recommande que la réalisation des aspirations légitimes du peuple implique «une réforme constitutionnelle de fond et non pas une révision», comme il a été souvent avancé. De plus, pour le PT, la refondation politique démocratique exige, en urgence, que soit réglée, en priorité la question de la représentation du peuple à travers l’organisation d’élections anticipées pour une vraie Assemblée Nationale Populaire.

Ferhat Zafane