C’est un véritable pavé dans la marre qu’a jeté hier matin, le DG du service de lutte contre la fraude au ministère du Commerce, Abdelhamid Boukhanoune, lors de son passage à l’émission « l’invité de la rédaction de la radio chaine3 ».
En effet, il a déclaré que le chiffre d’affaires illicite (sans factures) a représenté durant le premier trimestre 2014, près de 11,6 milliards de dinars. Une somme astronomique, dès lors que d’aucuns pensaient que le marché informel vivait ses derniers balbutiements.
D’ailleurs, le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, avait tout récemment déclaré au cours d’une cérémonie symbolique de remise de titres d’attribution d’une quarantaine de locaux commerciaux au niveau du marché couvert d’El Bayadh, que «les efforts de l’Etat en matière de réalisation de marchés couverts, dans le cadre de la stratégie de lutte contre les marchés anarchiques, devront permettre l’éradication du commerce informel d’ici 2015».
En matière d’interventions, le même responsable a fait savoir que durant la même période, « pas moins de 300. 000 interventions ont été diligentées, lesquelles ont permis de dresser 46. 654 procès verbaux à l’encontre des contrevenants, de même qu’il a été procédé à la fermeture de 2. 857 locaux commerciaux lors de ces opérations ».
C’est dire que pour arriver à l’éradication d’un fléau aussi tenace que l’informel, les forces d’intervention ne sont pas en mesure de le faire seules. M. Boukhanoune, qui n’ignore pas la difficulté de la tâche, est allé plus loin en finissant par admettre toute la difficulté de lutter contre les pratiques commerciales illicites dans le pays, en dépit de la présence des 10. 000 agents chargées de dépister les transgresseurs.
Enfin, et pour schématiser l’ampleur de la difficulté d’agir face aux barons de l’informel, Abdelahamid Boukhanoune a indiqué : «On ne peut être H24 sur les lieux. Il y a des difficultés sur le terrain. On ne peut pas tout contrôler, on ne vise que les créneaux de fraude et on n’intervient qu’en fonction des moyens dont on dispose». Ce qui dénote d’un «déficit latent en moyens humains pour le contrôle», a-t-il fait remarquer en réponse à une question qui lui a été posée par un auditeur.
Ferhat Zafane
