La région historique d’Azrou N’Bechar, dans la commune d’Amizour, a commémoré, vendredi dernier, le 58e anniversaire de la mort de trois de ses fils, exécutés par des militaires français après toute une journée de torture, un certain 11 mai 1956.
Il s’agit du martyr Saïd Benzaid, de son fils Moh Larbi et d’un autre compagnon de lutte, Lounis Mehdi, tombés au champ d’honneur au lieu dit Tizei Oulène, près de la localité d’Ighil N’Chiha, alors qu’ils étaient arrêtés dans un refuge à Ihyounene pour être exécutés à mi-chemin avant d’arriver à la SAS à Ighil Ialouanene. Ainsi, une stèle a été érigée au lieu de l’exécution, où une foule nombreuse, constituée de la famille révolutionnaire, des proches des chahids et des autorités locales, s’est déplacée pour l’inauguration du monument. Pour commencer, une minute de silence et la lecture de la fatiha à la mémoire des trois chahids ont été observées. Un pèlerinage s’en est suivi vers le village El Hamma pour l’inauguration d’une autre stèle à la mémoire de huit autres martyrs de trois autres villages, à savoir El Hamma, Argreg et Ihyounene, tous du Douar Azrou N’Bechar. Il a été aussi question de baptiser l’école primaire de cette localité du nom du Chahid Smail Benzaid, second fils de Saïd Benzaid. Un programme riche a été préparé pour la circonstance avec le concours de l’APC d’Amizour et des citoyens des trois villages suscités. Un programme qui a débuté tôt le matin au niveau du centre culturel Malek Bouguremouh. Au menu, des citations de poèmes, des chants patriotiques et des témoignages sur les Martyrs du Douar Azrou N’Bechar. A noter que ce Douar fut décrété par l’armée française zone interdite, où plusieurs villages ont été rayés de la carte. Des exécutions sommaires et des emprisonnements qui n’ont guère dissuadé ses humbles habitants à rester au côté de l’ALN et des Moudjahidine jusqu’à l’indépendance. Et c’est pour ces sacrifices suprêmes que les citoyens de ces villages invitent les pouvoirs publics à se pencher sur leur quotidien en améliorant leur cadre de vie.
Nadir Touati

