Vallée de la Soummam : Affectée par la sécheresse – Baisse de la production céréalière en perspective

La production céréalière dans la vallée de la Soummam n’atteindra pas, cette année, les résultats escomptés à cause du manque de la pluviométrie au mois d’avril, période où le grain se forme et s’accroît, avons-nous appris du président de l’association des producteurs de céréales de la wilaya de Béjaïa. « Certes, il y avait une bonne pluviosité à la fin de l’hiver et au début du printemps, mais le stress hydrique, induit par le manque de pluie au mois d’avril où pas une seule goutte d’eau n’est tombée du ciel, a affecté le grain qui était en pleine croissance. J’ai constaté dans un épi qu’il y a des grains bien portants et d’autres vides qu’on peut moudre avec les doigts de la main. Cette situation, qui a fait que la production est partiellement endommagée, a affecté le moral des producteurs qui s’attendaient à une bonne production, cette année. Mais, hélas, leur espoir est fondu comme neige au soleil. Cela a engendré une baisse de production qui ne dépassera pas les 50% des prévisions établies par les services agricoles qui ont tablé sur des rendements de 20 quintaux l’hectare. La moisson-battage se fera avant terme, cette année, du fait que le grain a jauni, donc, a bien mûri déjà », a expliqué notre interlocuteur qui ne veut pas perdre espoir en espérant le retour de la pluie durant ce mois. Et d’ajouter : « A l’est du pays ou la pluie n’est pas tombée en mars et avril, les pouvoirs publics ont déclaré l’état de sécheresse et probablement les producteurs vont bénéficier des indemnisations appropriées. D’ailleurs, certains producteurs ont lâché le bétail paître sur les parcelles sinistrées. Notre cas pourrait atteindre ce stade si la sécheresse persiste encore. Mais si la pluie tombe c’est jours ci, la saison pourrait être sauvée. » Par ailleurs, notre interlocuteur nous parle de la faible production de fourrages. « On ne peut pas espérer engranger une bonne production fourragère quand les fellahs n’emblavent plus de vesce avoine. Ils se contentent de laisser, parfois, les parcelles en jachères sans les labourer. Voilà pourquoi les rendements sont faibles et de moindre qualité aussi. Il y a aussi un manque de botteleuses à cause des facteurs de production très élevés, tel que le quintal de fil de fer affiché à 14. 000 DA qui produira environ 500 bottes. Pour cette année, le prix de 55 DA la botte est maintenue », dire ce fellah. Pour conclure, il dira : « Quand on exerce que ce métier de fellah, à perte ou à profit, on est obligé d’emblaver sans faire de comptes à l’avance conformément à l’esprit de cet adage laissé par nos aïeux qui dit : si le fellah faisait ses comptes à l’avance, il ne jettera pas un seul grain de semence ».

L. Beddar