Un recueil de poèmes lui a été consacré – Hommage à Malek Bouguermouh

Allaoua Maadsi, qui taquine la muse à ses heures perdues, vient de publier à compte d’auteur un recueil de poèmes en hommage au dramaturge Malek Bouguermouh. Après avoir quêté vainement des sources de financements, l’auteur a dû casser sa tirelire, pour concrétiser ce projet qui lui tenait à cœur.

Les poèmes, transcrits en Tamazight, sont rehaussés par des supports iconographiques exhalant des effluves du terroir. La mémoire de Malek Bouguermouh s’en trouve ainsi revisitée, par le truchement de vers limpides et imagés. Il est à rappeler que Malek Bouguermouh est natif d’Ighzer Amokrane. Son enfance a baigné dans un environnement où prédominaient l’art et le savoir. Dès 1968, il entama, à Moscou, des études dans un institut d’arts dramatiques, le Gitis en l’occurrence. Pendant cinq ans, il fréquenta assidûment le théâtre de Maïakovski, non loin de la Place Rouge de Moscou. 1974, retour au bercail. Malek arriva à Alger avec des rêves fous et des projets ambitieux. Mais voilà que dans un pays sevré d’humus culturel, les espoirs nourris par le dramaturge s’effondrèrent tel un château de cartes. La mort dans l’âme, Bouguermouh se résigna à une traversée du désert, qui aura duré une bonne dizaine d’années. L’homme de théâtre ne resta pas pour autant les bras croisés. Cet écorché vif de la culture a rejoint le centre culturel d’Alger où il a dirigé un atelier d’arts dramatiques. C’est là où a été monté le spectacle Il était une fois, une satire sociale (1975). Bouguermouh s’est très vite intéressé au théâtre pour enfants, ces frêles créatures qui se prêtent à toutes les agressions et manipulations. C’est avec cette même pièce théâtrale qu’il a représenté l’Algérie au 15e festival de théâtre pour enfants à Sibinik, en ex-Yougoslavie. El Mahgour, adapté d’une pièce de Slimane Benaissa, sera le premier spectacle professionnel qu’il montera en 1978 pour le compte de la télévision algérienne. Toujours à l’ex-RTA, cette fois-ci c’est la pièce Tarik Essaada, une adaptation de l’œuvre du dramaturge soviétique Rosov, qu’il mettra en scène. Son arrivée en 1988 au théâtre régional de Bgayet (TRB) permettra à l’enfant prodige d’Ighzer Amokrane de s’éclater pour donner la pleine mesure de son talent. Ainsi, H’zam El Ghoula, montée en 1988 et Rjal Yahlalef, produite une année plus tard pour le compte du TRB, ont fini par confirmer le professionnalisme et l’art consommé d’un metteur en scène, qui a voué sa vie au service du 4e art.

N. M.