La ville de Fréha, qui n’avait, avant les années 80, en tout et pour tout, qu’un café et un seul bâtiment, a connu un essor particulier depuis.
Ce chef-lieu de la commune, qui englobe 32 villages, a grandi à une vitesse inouïe, à tel point qu’il est devenu un axe autour duquel gravitent les citoyens des communes limitrophes, à l’instar d’Aghribs, de Timizart, d’Iflissen et même d’Azazga. Au vue du nombre des gens qui transitent par la ville et les va-et-vient incessant des transporteurs de voyageurs, qui assurent la desserte entre Fréha et les communes voisines, tout laisse supposer qu’un dynamique intense et une activité économique des plus florissante caractérisent la localité. Hélas, dans la réalité il n’en est rien. La ville manque cruellement d’atouts à même de faire d’elle un pôle d’attraction réel et un socle sûr pour assurer le développement économique, social et culturel de la région. « On aurait pu doter la ville de Fréha d’une zone industrielle le long de la RN12 dans le prolongement de l’usine de l’Enel, située sur le même axe. Ce qui aurait absorbé le chômage dans toute la région. On se contente des petits métiers, qui, s’ils sont utiles, ne peuvent, à eux seuls, résoudre l’équation de travail des jeunes qui se retrouvent ainsi réduits à faire des travaux à la sauvette, comme manœuvres et autres boulots de bricolage en été. Ceux qui ont les moyens, partent tout simplement ailleurs pour chercher du travail. Le cas est encore plus dramatique pour nos jeunes filles diplômées. Mis à part le secteur de l’éducation, qui arrive parfois à recruter certaines d’entre elles, le reste est réduit à refaire des formations dans des centres professionnels pour apprendre la coiffures, la couture,… ou rester à la maison sans rien faire », nous dira B. Nafa, un citoyen rencontré au chef-lieu. Malgré sa superficie de 68. 55 Km2 et le nombre de ses habitants qui avoisine les 26 000, sa vocation agricole et industrielle, la commune de Fréha stagne. Aujourd’hui, cette ville souffre de plusieurs manques : absence de salles de sports, de maison de la culture, d’un centre de santé digne de ce nom, d’une gare à même à assurer le transport aux voyageurs dans la dignité de bibliothèque communale. La ville est tellement encombrée que même le plan de la circulation laisse à désirer. On aurait pu penser à réaliser une route qui contournera la ville pour les automobilistes qui se rendent vers Aghribs, Azeffoun et Azazga de manière pour soulager et les automobilistes et les piétons des éternelles embouteillages à chacune de ses entrées. Et ce n’est pas l’espace qui manque pour ça. « Mais pour que cela se fasse, il faudrait une vision futuriste de la part des élus locaux, nous dira un citoyen désabusé par la situation qui prévaut dans cette ville. « La dernière crise qui a secoué l’assemblée communale et qui a vu la démission de trois élus n’est pour augurer d’un avenir radieux pour notre commune », conclura-t-il. La ville se meurt à petit feu. Faute de perspectives d’une véritable relance sur tous les plans, les citoyens sont réduits à faire le constat des manquements et à comptabiliser les chances ratées pour faire du chef-lieu de Fréha une ville digne de ce nom.
Aït Slimane Amazigh

