La consolidation des principes démocratiques, à travers l’élection du président du Conseil Constitutionnel et du vice-président du Haut Conseil de la Magistrature, alors que, jusque-là, ces deux personnalités étaient désignées, l'édification de l'Etat de droit, la protection des libertés collectives et individuelles et le multipartisme, ont constitué les principaux axes abordés, hier, au quatrième jour des consultations sur la révision de la Constitution.
Les rencontres ont eu lieu avec le ministre d’Etat, directeur de cabinet à la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, qui mène ces consultations. Cette fois, c’étaient à Mohamed Chérif Taleb, président du PNSD, de Khaled Bounedjma, président du FNJS d’être reçus par Ouyahia. Le premier à s’être entretenu avec le directeur de cabinet du président Bouteflika, Mohamed Chérif Taleb, a plaidé pour la thèse selon laquelle le président du Conseil Constitutionnel et le vice- président du Haut Conseil de la Magistrature, doivent être élus au lieu d’être désignés, dans la prochaine Constitution. Se voulant plus pragmatique, Mohamed Chérif Taleb a ajouté que sa formation politique jugeait « étrange », pour l’indépendance de la justice, que le ministre de la Justice soit désigné vice-président du Haut Conseil de la Magistrature, alors qu’il fait partie du pouvoir exécutif. D’autres propositions ont été émises par le président du PNSD. Elles se résument en les libertés collectives et individuelles, les droits de l’homme, la séparation des pouvoirs et le rôle de l’opposition. De son côté Khaled Bounedjma, a, dans ses propositions, émis des réserves sur l’inscription de la Réconciliation nationale dans le projet portant révision de la Constitution comme une constante nationale, par crainte de son élargissement à des catégories non concernées, a-t-il indiqué à l’issue de sa rencontre avec Ahmed Ouyahia. Par ailleurs, le président du FNJS a également ajouté que sa formation politique a proposé d’autres amendements, qui concernent, notamment, l’élargissement de l’article 74 sur la limitation des mandats présidentiels aux mandats électoraux des élus locaux, des associations et des partis politiques. Aussi, faut-il le rappeler, le chef de cabinet du président de la République a reçu, durant la journée de mardi dernier, d’autres personnalités nationales, en l’occurrence Belkacem Sahli, le SG de l’ANR, Said Bouchaïr, l’ex-président du Conseil constitutionnel, Abdelkrim Derridj, président de la Coordination nationale des enfants de Chouhada (CNEC), et enfin, le sénateur du tiers présidentiel, Tahar Zbiri. Chacun, en ce qui le concerne, avait émis ses propres propositions en vue de la révision de la Constitution. Si le premier responsable de l’ANR a fait des propositions portant, notamment, sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice et les constantes de la nation, Ahmed Bouchaïr, pour sa part, a appelé à l’indépendance de la Cour des comptes. Il a également proposé de changer l’appellation du Conseil constitutionnel, pour devenir «Cour constitutionnelle suprême». De son côté Tahar Zbiri a mis l’accent sur la préservation des valeurs de la Révolution algérienne, tout comme il a insisté sur les valeurs de cette dernière qui doivent être «ancrées» dans la Constitution, ajoutant que sa participation aux consultations n’est qu’un «devoir national». Enfin, le président de la Coordination nationale des enfants de Chouhada, Abdelkrim Derridj, s’est dit favorable à l’article 74 de la Constitution, limitant à deux, seulement, les mandats présidentiels, ce qui consacre, a-t-il dit, la « réelle » alternance au pouvoir.
Ferhat Zafane

