Se prescrire les médicaments de soi-même est en vogue ! Bien du monde a tendance de nos jours, à « Boycotter » les cabinets médicaux, particulièrement lorsqu’il ne s’agit que de simples « bobos » de santé. Pourtant cette automédication reste extrêmement dangereuse pour la santé publique. En effet, ils sont plusieurs à trouver un malin plaisir à se prendre pour des « toubibs » et à préconiser à leurs familles des traitements médicaux. D’une simple douleur aux différentes formes de grippes en passant par les angines et autres infections, l’on se permet d’acheter des antibiotiques, des anti-inflammatoires qu’on prétend déjà connaître. Les pharmaciens, qui exigent à chaque fois des ordonnances, sont quelquefois harcelés, mais souvent, ils se permettent de vendre des « solutions buvables » (sirop) pour les toux par exemple, et quelquefois même pour les enfants. Il ne s’agit pas là de les incriminer, force est à ce nouveau phénomène de société, mais il convient de signaler que ce n’est point difficile de s’acheter son propre antibiotiques, alors que l’éthique et la déontologie qui régissent leur profession l’interdisent. Acheter du paracétamol et acheter de l’amoxicilline, ce sont deux choses tout à fait différentes. Parmi les facteurs qui encouragent précisément cette réticence des patients à consulter des médecins, on retrouve la non-couverture sociale d’une bonne partie de citoyens qui préfèrent épargner les montants des honoraires de consultations (400 à 600 DA). « Copier » l’ordonnance de son voisin si l’on éprouve les mêmes symptômes, surtout quand il s’agit de grippes et d’angines…En tout état de cause, c’est ce manque flagrant de prévention contre cette nouvelle forme de « dérapage » qui fait que la plupart des gens optent pour l’automédication. Et pourtant bien des cas ont dû avoir des complications plus graves encore en ayant recours à tel ou tel traitement préconisé par le voisin ou par l’ami. Et aujourd’hui, seule l’interdiction totale de vente de médicaments par les pharmaciens pourrait juguler un tant soit peu, cette automédication, qui devra être bannie de nos mœurs.
Idir Lounès
