A l’approche du mois de Ramadhan – Flambée des prix des fruits et légumes

Une petite virée aux marchés hebdomadaires de la wilaya de Béjaïa nous renseigne davantage sur une mercuriale qui crève les yeux. En effet, les prix des fruits et légumes montent crescendo au gré des humeurs des marchands en gros. Les petites bourses peinent à joindre les deux bouts avec un maigre salaire. Pratiquement, les personnes fréquentant les marchés reviennent bredouilles en raison de l’ébullition des prix des denrées alimentaires. L’une des denrées ayant connu une flambée des prix substantielle sur les marchés est bel et bien la tomate, dont le prix avoisine les 80 dinars. La pomme de terre est cédée entre 40 et 50 dinars/kilo. Ce tubercule a fait couler beaucoup d’encre sans que les pouvoirs publics en arrivent à endiguer le dictat des spéculateurs. Cela fait des décennies que ce produit tient la dragée haute au citoyen lambda. D’autres légumes, tels la courgette, la carotte, l’échalote, le poivron, le piment… ne sont pas épargnés par cette vague de cherté et ce, en dépit d’une saison dite prometteuse, mais sans que cela ne se répercute sur les prix des fruits et légumes. Quant aux fruits, leurs prix ne descendent pas en deçà des 100 dinars. La banane est cédée à 150 dinars/kilos. Idem pour la pomme. De surcroit, d’autres fruits sont pratiquement inaccessibles pour les petites bourses et ne peuvent que se contenter de les contempler. La fraise et la cerise sont, entre autres, des fruits de luxe. Un père de famille que nous avons rencontré au marché venu faire quelques emplettes, nous dira avec un air ironique: « Les étals nous font peur à tel point qu’on n’ose même pas se rapprocher. » Une autre personne, fonctionnaire, rétorque : « A ce rythme, on sera obligé de faire le jeûne durant toute l’année. C’est l’ère de la disette». Les prix prohibitifs pratiqués par les commerçants amplifient davantage les craintes des consommateurs. Ces derniers n’arrivent plus à trouver des produits substituables pouvant assoupir cette vague de prix excessifs. En dépit d’un arsenal de mesures visant à contrecarrer la spéculation, celle-ci continue à faire le bonheur de ses promoteurs qui s’adonnent à cœur joie d’amasser des sommes faramineuses sur le dos du citoyen lambda. Les ménages se sentent en porte-à-faux par rapport à la vie quotidienne de plus en plus pesante. Les détaillants des fruits et légumes se disent eux aussi victimes de la flambée des prix desdits produits, et le prix de revente n’est que la résultante de cette flambée. Du côté des grossistes, même son de cloche. Ils estiment que la régulation des prix du marché est du ressort de l’État qui devrait en contrôler les prix et veiller au respect des règles de l’offre et de la demande. C’est une anarchie totale régissant nos marchés qui ne répondent à aucune norme. Autrement dit, chacun dicte sa loi dans le dessein d’amasser une fortune sans fournir le moindre effort, et à en croire les dires des gens du métier, la situation risque de se pérenniser. Faire aujourd’hui ses emplettes est devenu un vrai casse-tête chinois. « Il nous faut des liasses de billets pour remplir ne serait-ce le fond du couffin. Les autorités compétentes doivent régir le fonctionnement du marché dans l’immédiat », avoue M’hand, retraité.

 Bachir Djaider