Chemini : Certains particuliers font fi des instructions des autorités locales – Les matériaux de construction jonchent les routes

L’habitude invétérée de certains villageois, de ne points se plier aux normes mises en vigueur par les autorités locales concernant l’entreposage anarchique des différents matériaux de construction sur les abords des routes, persiste.

Pour s’en apercevoir de l’ampleur du phénomène, le simple trajet menant de Sidi Aïch vers Chemini est plus qu’édifiant. Gravats, sables, caillasses, briques, épaves de voitures, remorques, bennes tractables, citernes… jonchent sur l’accotement des routes serpentant plusieurs localités des Ath Waghlis. L’exiguïté des routes asphaltées aux virages rétrécis n’arrange guère les usagers qui peinent à se frayer un passage. Pratiquement, aucune bourgade n’est épargnée par ce comportement incivique. L’insouciance et la négligence de ces entreposeurs interpellent à plus d’un titre, et ce, au vu et au su des autorités locales. Au niveau de la localité de Chemini, le maire avait informé la population, par le biais d’un communiqué de l’obligation de dégager les objets entreposés dans un délai n’excédant pas les 20 jours. Au demeurant, toute personne dérogeant à cette note risque de se voir saisir lesdits objets. De même, des mesures coercitives seront prises par les autorités concernées. Mais, force est de constater qu’aucune mesure n’est à présent prise, sachant que la situation qui y prévaut est toujours la même. « Ce n’est que du noir sur blanc. On attend que nos responsables locaux passent à l’action et ne se contentent pas des communiqués qui ne sont même pas lus par les concernés », nous dit, tout de go, un cadre à l’administration. Tant que les maires de ces différentes circonscriptions n’appliquent pas les mesures adéquates afin de mettre le holà à l’anarchie, devenue monnaie courante dans ces localités, la situation risque de s’empirer à telle enseigne que la route est squattée. Le dépôt des matériaux de construction aux abords des routes s’explique parfois par l’absence d’accès aux camions et tracteurs jusqu’aux endroits voulus. Ceux qui construisent leurs maisons sont souvent contraints de re-transporter à dos de mules lesdits matériaux, et ce, compte tenu de l’étroitesse des sentiers. Dans la logique des choses, ces différents matériaux ne devraient en aucun cas occuper la chaussée éternellement. Les aides consenties dans le cadre de la promotion du logement rural ont largement amplifié le phénomène en question. Des monticules de déchets solides s’invitent eux aussi dans la partie. Au milieu de tout ce fatras, le réseau routier ne cesse de se rétrécir comme un liséré suite au non-respect des normes urbanistiques, à savoir l’éloignement des habitations de l’axe routier de plus de sept mètres. Le constat est tout autre, car plusieurs logements sont à presque la route. D’ailleurs, moult interrogations restent suspendues. Que font les organismes censés réglementer les plans de construction et veiller au respect des normes susdites ? Un propriétaire d’une maison construite près de la route menant vers Chemini, dont la distance ne dépasse pas les cinq mètres, nous avoué : « Je ne suis pas prêt d’accepter et de  respecter la norme tant que mes congénères font litière des normes urbanistiques », avance notre interlocuteur. Et d’ajouter : « La loi doit être applicable pour tout le monde et sans exception. » C’est dire, cet épineux problème est devenu la nonchalance des autorités locales qui n’ont pas su remédier à temps aux multiples infractions.

Bachir Djaider