L’eau se raréfie !

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L’eau du barrage Tichy Haf, mise en service il y a environ une année, se raréfie dans la commune de Seddouk à cause d’une pompe tombée en panne depuis le mois de janvier dernier et qui n’est toujours pas remplacée, nous apprend-on. D’ailleurs, c’est cette situation qui a fait réagir les habitants du village Tibouamouchine, restés pendant plusieurs jours sans eau. De l’avis des habitants de cette commune, l’eau ne manque pas mais elle est mal gérée. « Normalement, le barrage Tichy Haf est construit pour que les populations aient de l’eau H/24. Mais comment voulez-vous en avoir cette eau en abondance quand une pompe tombe en panne et ne soit pas remplacée pendant six longs mois ? Et on ne sait même pas combien de temps doit-on encore attendre avant qu’elle soit réparée ou remplacée ! Il reste une seule pompe en service, laquelle n’arrive pas à satisfaire la demande », dira un citoyen de la cité Boufartassen. Du côté de la subdivision de l’hydraulique, le retard est indépendant de leurs services. « Les équipements de ce projet sont toujours sous garantie et il appartient au fournisseur de s’occuper de la panne. Seulement, celui-ci nous apprend que la pompe arrive de l’étranger. Elle est actuellement au niveau du port », nous a expliqué un responsable de cet organisme. Lors de la réunion qui a regroupé il y a une semaine, les membres de l’exécutif, le chef de la daïra, le subdivisionnaire de l’hydraulique et les habitants du village Tibouamouchine, le chef de la daïra de Seddouk, irrité par ce retard qui a trop duré dans la livraison d’une pompe hydraulique, a réagi en demandant au subdivisionnaire de l’hydraulique d’établir une lettre qu’il va appuyer auprès de la direction de l’hydraulique de Béjaïa afin que cet organisme saisisse ce fournisseur pour qu’il active le remplacement de cette pompe. « Il n’y a pas de raison pour qu’un habitant se lève le matin et ne trouve pas chez lui de l’eau pour se laver », s’est époumoné le chef de daïra. En attendant, Ils sont cinq camions chargés de citernes remplies d’eau à sillonner les rues de la ville de Seddouk vendant l’eau de source à des habitants. Plusieurs de ces vendeurs évoquent la qualité et l’origine de l’eau proposée à la vente, comme ce camionneur qui a écrit en grosses lettres sur une grande banderole « eau de source d’Akfadou », ignorant que tout le flanc de la montagne d’Achtoug, dans la commune de Seddouk, renferme des sources d’eau de même qualité que les autorités locales ne daignent pas exploiter convenablement. D’ailleurs, la fontaine de la source d’Elmoumadha à Seddouk Oufella, où s’approvisionnent les citoyens de la région, a vu, ces jours-ci, son débit s’amenuiser. Cet état de fait provoque des chaînes et les habitués craignent la disparition totale de cette eau durant le mois de Ramadhan qui coïncide avec la période des grandes chaleurs. Les vendeurs d’eau trouvent le créneau juteux en proposant une eau dite de source à 40 dinars le jerrican de 20 litres. Qui sont les acheteurs ? Il y a des personnes aisées qui ne boivent pas l’eau du robinet, certains craignent les maladies, d’autres la trouvent sans goût. Il y a aussi les malades pour qui l’eau de source est recommandée. Un vendeur nous dira que parfois au bout de quelques heures il termine sa cargaison et rares sont les jours où il ne liquide pas tout le chargement. « Cela fait plus de 10 ans que je fais ce métier, si on peut l’appeler ainsi. Au départ, je présentais même les documents d’analyse que je montrais à la clientèle pour la rassurer que l’eau est bonne. Aujourd’hui, je me suis fait une aura auprès de ma fidèle clientèle que j’approvisionne régulièrement », a fait savoir un marchand d’eau d’Akfadou. La fontaine d’Aâdha, située à l’entrée de la ville de Seddouk, a bénéficié d’un projet pour sa réhabilitation. Un projet dont les travaux ont été achevés il y a quelques mois. Mais le hic, c’est que cette fontaine n’est toujours pas mise en service. Elle est abandonnée à son triste sort, gagnée par les herbes folles. Il a même était question de réalisation d’un forage qui rendrait l’eau disponible constamment ce qui soulagerait les habitants en cas de pénurie d’eau du barrage de Tichy Haf.

L. Beddar

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