Reportage réalisé: par Rabah Zerrouk
Repère historique d’une valeur inestimable, un véritable lieu de “pèlerinage” pour tous les amoureux des “vestiges” romains qui y déferlent pendant les quatre saisons. A une trentaine de kilomètres au sud-est de la capitale des Aurès, Batna, se trouve la superbe ville romaine Timgad, sortie indemne de l’oubli des siècles, marquant la présence des conquérants au pied de ses montagnes d’où surgit, tout au long de l’histoire, un peuple fier, accueillant, intransigeant en matière de liberté à l’instar de celui de Djemila, dans la capitale des Hauts-Plateaux de Sétif, de Tigzirt dans la région du Djurdjura de Tizi Ouzou ou à Cherchell dans la coquette Tipaza.C’est une coutume : tous les lycéens qui pâtissent de leur histoire devraient visiter Timgad où ils auront à comprendre, à travers les explications des guides, sur place, l’ordre romain, la puissance romaine, la paix romaine, la jouissance et puis, soudain, plus rien que le silence et la mort; semblable à un énorme cimetière ! Selon les explications fournies par les riverains, l’antique Timgad a commencé à voir le jour dès 1880. Aux Aurès comme on le sait, véritable fief de fait marquants, lieu de récolte, berceau de la révolution, foyer indomptable dont eurent à souffrir envahisseurs et colonisateurs, c’est plutôt une autre prolongation des pages de l’histoire contemporaine. Pour préserver les colons installés en Numidie du nord en refoulant les redoutables aurésiens, Rome fonda Lambaseis, aujourd’hui Lambèse. Tazoult fut construite vers la fin du 1er siècle par les soldats de la légion “Augusta”. Ce dernier disait, avant le légendaire Emir Abdelkader : qui tient l’Aurès, tient toute l’Algérie. De ces impératifs est née “Thamugadi” (Timgad). Par ordre de “Trajan” Thamugadi devient un lieu de résidence et de détente, une sorte de lieu de repos pour les guerriers.La magnificence des mosaïques retrouvées, suffit, au jour d’aujourd’hui à décrire l’aisance, le luxe qui régnèrent dans ce site historique. Le théâtre, la bibliothèque montrent une société très avide de culture. Tout au long des premiers siècles, l’hostilité “féroce” se développe rapidement entre catholiques et donatistes. Mais ce sera au Ve siècle que les tribus descendues des Aurès, reprendront une revanche longuement préparée et la ville romaine sera détruite.Puis vinrent, ensuite, les “Byzantins” qui tenteront de la construire et en feront une forteresse impressionnante. A partir du VII siècle, le silence tombera définitivement sur la ville. Dès lors, son destin est celui d’une ville-musée inventoriée par les milliers de visiteurs nationaux et internationaux qui s’y rendent, rien que pour admirer la force “physique” de ces monstres sacrés qui ont fait naître ce véritable chef-d’œuvre à ciel ouvert. Dans le théâtre où se sont produit des chanteurs de haute gamme à l’instar de Lounis Aït Menguellet, Kadem Essaher, Idir et autres, les fastes anciens ne ressucitent que lors des festivals culturels, mais quand le vent des Aurès a emporté “De capitole”, jusqu’aux gorges de la montagne les derniers échos sonores, le cycle des âges referme la porte. A l’ombre de l’Arc Trajan, une mule indocile tire péniblement une charrue aux injonctions du fellah. Et dire que le vent du sud de feu, Abd-El-Hamid Benheddouga est passé par là ! Aujourd’hui, le site que nous avons visité lors d’une excursion scolaire, semble dans une situation qui laisse vraiment à désirer avec la fermeture, inexpliquée du musée, de la bibliothèque ainsi que d’autres infrastructures ; pis encore, les agents chargés de sa gestion exigent 30 DA par enfant, contraint déjà à payer la somme de 500 DA au niveau des établissements scolaires pour être de la partie. “Nous exécutons les ordres du ministère de la Culture”, nous répondit l’agent-guichetier. “Monsieur, est-il juste que je doive payer pour connaître l’histoire de mon pays ?”, s’est adressé un collégien à son enseignant qui lui répondit : “Non, mon fils, je paye à ta place”… rien que pour corriger l’itinéraire de notre histoire.
R. Z.
