La chronique du Mondial – On s’est cassés sans se courber !

Le Mondial est donc fini pour l’Algérie. L’autre exploit rêvé n’a pas eu lieu. On n’ira pas aux quarts.

Et pourtant, ce n’était pas quelque chose d’impossible, ni d’aussi loin à atteindre qu’on pouvait l’imaginer. Avant et pendant le match. Mieux encore, si avant ce n’était qu’un rêve, après coup, ce sont les regrets qui ont pris place tellement la performance a été sentie à portée de main. Vraiment ! Comme lorsque Slimani se faisait priver d’ouvrir le score, en tout début de match, pour quelques centimètres de hors-jeu… Comme on est vraiment passés à côté à plus d’une fois, face à ce gardien-libero qui faisait croire que l’Allemagne jouait à douze contre onze… C’est en fait ça l’Allemagne ! Elle n’a pas sa renommée sur un coup de réclame… De notre côté aussi nous avions un extraordinaire M’Bolhi ! Un véritable rempart, même s’il n’a pas suffi, au bout. Tout comme ce but de Djabou venu très en retard. N’empêche que les Verts ont surpris toute la planète. Avec tant de panache, de culot, et d’envie ! Ils ont bien rivalisé avec cet adversaire pourtant pas comme les autres. Les observateurs lui prédestinent le sacre. La coupe du Monde ! Oui juste ça ! Mais les Algériens ne semblaient pas du tout avoir ce détail en tête. Ils avaient l’air de bien se foutre du nom de l’autre, qui était en face. Totalement ! Ils prenaient juste en compte qu’il était fort et qu’il fallait continuer à tenter le tout pour le tout jusqu’au bout : Bien résister, épater même, et pourquoi pas tromper ? C’est ce qu’on appelle mouiller le maillot, jouer pour les couleurs, mériter sa place en équipe nationale de son pays… Et sur ce plan, rien à dire sur tous comme ils étaient. Sur le terrain ou sur le banc. La fibre a parlé. Le cœur y était. Et pas seulement ! La tactique et la technique aussi. Les sensations étaient fortes. Pas de place aux complexes. Les «guerriers» se sont extraordinairement assumés. Beaucoup de fierté. Le monde a été témoin. C’était beau ! Intense des deux côtés. Les Allemands ont eu des répliques à tout ce qu’ils entreprenaient. On les a aussi gênés, on a aussi joué on a aussi tiré on a aussi marqué… Bref, on s’est battus jusqu’à ce qu’on s’est cassé sans se courber…

Le français pourrait paraître approximatif, ou carrément incongru, mais c’est là une expression bien algérienne, kabyle pour être précis. Elle est pleine de sens et de clarté. Elle met en évidence une question d’honneur. Il est bien sauf malgré l’élimination.

Et puis pour sourire, cette chute pour nos «cousins» français : «On vous les a bien fatigués, hein !»

Djaffar Chilab