Un précieux apport à valoriser

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Même si les villages de la commune de Dechmia, dans la daïra de Sour El Ghozlane, sont programmés pour être recordés au réseau d’eau potable par le moyen du transfert qui s’effectue à partir du barrage Koudiat Acerdoune, situé dans la commune de Mâalla, les habitants de la région tiennent toujours à l’eau cristalline sortant des entrailles de la terre et dont les sources jaillissantes parsèment cette contrée bien couverte par un dense tissu forestier de chêne vert. En effet, à plusieurs endroits, des filets plus ou moins importants d’eau douce émergent de la terre, créant une humidité localisée en pleine canicule estivale. Il en est ainsi du lieu-dit El Beurda. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un coin de fraîcheur dominant l’Oued Zeghoua, à partir d’un flanc de la montagne de Dirah. Ici, il ne s’agit pas d’une seule, mais de plusieurs sources qui gagneraient à être captées et aménagées au profit des populations habitant en aval, comme celles d’El Merdja Touila et chef-lieu de commune. Parmi les quelques sources connues et identifiées sur ce versant, il y Aïn El Khechba, Aïn Chegga et Aïn Demina. Un peu plus loin, à 7 kms, sur le col de Bens’haba et à la frontière avec la wilaya de Médéa, deux autres sources garnissent un paysage pittoresque fait de falaises et de forêts. Il s’agit de la source de Guelt Errous, sur l’accotement du CW20, aménagée de façon approximative dans les années 1990, mais qui mérite d’être reprise au grand bonheur des riverains, et la source de Sidi Brada. Cette dernière demeure dans son état sauvage, sortant d’une fissure de roche. Selon des habitants de cette localité cette source n’a jamais tari, y compris dans la plus grande sécheresse que la région ait eu à connaître en 2002. En tout cas, le bruit qu’envoie le mouvement de l’eau en circulation dans la roche schisteuse est une preuve incontestable d’une grande pression et d’un grand débit régnant à l’intérieur. À l’extérieur, l’eau est recueillie à partir de l’anfractuosité de la roche par des enfants qui viennent s’y approvisionner parfois à dos d’âne. Sur le versant nord, en face de Sidi Brada, d’autres sources émergent de la terre, alimentées par les eaux infiltrées à partir de la montagne de Boudaouden, culminant à 1 401 mètres  d’altitude, à l’image des sources d’Ain Sagaâ, Aïn Saridja, Aïn Lardjem et Aïn Beïdha. Les sources naturelles constituent un précieux gisement d’eau pour les ménages ruraux, y compris pour ceux qui seront raccordés au réseau du barrage Koudiat Acerdoune. Les habitants tiennent à ce que le plus grand nombre possible de sources soit pris en charge dans le cadre du programme de développement rural, actuellement mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture, pour leur captage et leur aménagement. Il n’en demeure pas moins que, dans des zones rurales similaires, des litiges sur l’utilisation de l’eau on surgi dès que la source est aménagée et devenue fonctionnelle. C’est pourquoi, comme le suggèrent des citoyens de la région, une concertation s’impose à l’avance avec les services de l’APC, les habitants de la localité concernée et les services techniques en charge des projets d’aménagement, afin de définir les modalités d’utilisation (usage collectif, individuel, usage domestique ou irrigation de jardins,…).

N. M. Taous

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