Le wali de Bouira, M. Nacer Maaskri, s’est rendu, dans la matinée d’hier, à la zone industrielle de Sidi Khaled, relevant de la commune d’Oued El Berdi, à une dizaine de kilomètres au Sud-Est du chef-lieu de la wilaya, pour s’enquérir des travaux de sa réhabilitation et s’informer de la situation des investissements projetés ou qui y sont en cours.
Et le moins que l’on puisse dire est que le chef de l’exécutif de Bouira a été excédé par les retards pris par certains investisseurs. «C’est inadmissible ! C’est à croire que nous sommes en train de vous supplier pour travailler. Les choses n’avancent pas, les projets peinent à sortir de terre, et ce, malgré les facilitations et autres largesses que l’Etat vous a accordés. On ne peut plus continuer ainsi !», s’est-il exclamé d’un ton furieux. Il est vrai que certaines entreprises n’ont pas honoré leurs engagements. Pour preuve, sur 72 investisseurs, 17 seulement sont en activité 29 projets sont en cours de réalisation, 17 en cours de lancement et 22 sont carrément à l’arrêt. Cette situation a été jugée insatisfaisante par le wali, qui n’a pas hésité à le faire savoir. « Je constate, non sans déception, que certains d’entre vous (investisseurs, ndlr) n’ont pas honoré leurs engagements. C’est fort regrettable ! ». Pour rappel, au mois d’avril dernier, lors de sa dernière visite au niveau de cette zone, le premier responsable de la wilaya s’était dit « consterné » par l’état d’avancement, plus que timide, des travaux. Il avait même «distribué» des mises en demeure à certaines entreprises. Hier, on a assisté au même scénario. Des entreprises défaillantes, un wali dans tous ses états et des sanctions et autres mises en demeure qui «pleuvaient», le tout sous une chaleur de plomb. Au total, c’est plus d’une vingtaine d’entreprises qui ont été mises en demeure par Maaskri. D’ailleurs, sur une vingtaine inspectée, neuf se sont vues imposer des mises en demeure pour non-respect des délais contractuels. D’autres, qui ont «abandonné» leurs concessions, ont été carrément rayées de la liste et priées de restituer les terrains d’assiette. « Assez de perte de temps ! Celui qui a envie de travailler, il est le bienvenu, mais que celui qui est là pour nous faire perdre notre temps, on lui dit bon débarras !», dira le wali, d’un ton agacé. Et d’ajouter : «Notre wilaya a besoin d’entreprises sérieuses, qui veulent travailler et apporter un plus. L’Etat vous a accordé toutes les facilitations possibles et imaginables, et vous, que faites-vous ? Vous faites du surplace ! C’est inacceptable». Lors d’une réunion avec les investisseurs, organisée sur le même site, le premier magistrat de la wilaya s’est dit «déçu» de voir autant de projets à la traîne, sans motif apparent. «Je suis extrêmement déçu par l’avancée des travaux. Messieurs, il faudrait vous ressaisir et au plus vite ! Sinon, d’autres sanctions vont tomber», a-t-il menacé. Dans le même sillage, le responsable estimera, qu’à terme, le complexe industriel de Sidi Khaled générera près de 6 000 postes d’emploi. «Ce ne sont pas moins de 6 000 postes de travail qui vont être créés grâce à cette zone», dira-t-il, avant de préciser que la majorité des postes iront aux jeunes de la wilaya. Enfin, le wali de Bouira appellera, encore une fois, l’ensemble des investisseurs à «s’organiser autour d’un projet commun, celui de la création d’emplois et de richesses pour la wilaya et le pays». À titre de rappel, la zone industrielle de Sidi Khaled, qui connaît, depuis 2004, une vaste opération de réhabilitation pour une enveloppe de 240 millions de dinars, enregistre (sur le papier) bon nombre de projets d’investissement. Parmi eux, on citera une laiterie, une unité de production d’adducteurs en ciment, un port sec pour véhicules, une unité de production d’éponge industrielle, une unité de menuiserie en bois et en aluminium, et un complexe agroalimentaire. L’unité d’adducteurs, qui devrait générer 25 emplois, devra produire, en moyenne, 600 mètres linéaires d’adducteurs en ciment de différentes dimensions par jour, destinés au marché local ainsi qu’aux wilayas voisines. Le port sec pour véhicules aura une capacité d’accueil de 50 000 véhicules / an, en provenance des ports de Djendjen (Jijel) et de Mostaganem. Il contribuera à la création de 80 postes d’emploi. L’unité de production d’éponge industriel sera dotée, quant à elle, d’une capacité de production de 7 tonnes/an, pour un investissement de 1,8 milliard DA, alors que l’unité de menuiserie en bois et en aluminium, lancée par des investisseurs chinois, devrait employer près de 300 travailleurs.
Ramdane Bourahla

