Depuis le début du mois de Ramadhan, le commerce informel a repris du poil de la bête dans la ville d’Akbou, située à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa. En effet, les artères de la ville ont renoué avec les vendeurs à la sauvette, même s’ils ne se sauvent plus à la vue des services de sécurité. Et puis, c’est l’occasion tant rêvée par ces marchands pour se faire de bonnes recettes en ce mois de Ramadhan, où les citoyens sillonnent en grand nombre les rues de cette grande ville pour les différentes emplettes. Cette situation n’est pas sans créer des désagréments aux piétons et aux commerçants, étant donné que les trottoirs se trouvent squattés par ces vendeurs qui étalent, à même le sol, les différentes marchandises qu’ils mettent en vente. Ainsi, des dizaines d’étals sont aménagés, où sont exposés des téléphones portables et leurs accessoires, des vêtements d’été des épices, des herbes médicinales, la friperie, des fines herbes et bien d’autres produits alimentaires qui sont proposés aux passants à des prix concurrentiels. Cela, bien évidemment, agace au plus haut point les commerçants de cette ville, qui voient en l’incursion de ces vendeurs comme une concurrence déloyale, comme nous le dira ce commerçant de l’alimentation générale qui officie à la rue principale de la ville: « Ces pique-assiettes devraient aller faire leur commerce ailleurs ! Ils ne payent rien, ni le loyer ni les impôts ni la CASNOS. Ils viennent comme ça mettre leurs baraques devant nos commerces ! C’en est trop ! » tempête notre interlocuteur. En dépit de toutes les tentatives des pouvoirs publics d’interdire le commerce informel dans cette ville, ce dernier « revient » à chaque fois par la fenêtre lorsqu’il est chassé par la porte.
Syphax Y.
