l Il est difficile, de nos jours, de distinguer un vrai mendiant qui se trouve sous le coup d’un handicap majeur, l’empêchant de travailler ou demandant l’aumône pour survivre, se pliant à un impératif dicté par des conditions sociales déplorables. La croissance effrénée du nombre de mendiants dans cette ville en plein essor et les « innovations » utilisées pour faire de cette « activité » une rente alléchante qui aiguise la convoitise de nouveaux prétendants au gain rapide et facile, illustre l’ancrage de l’épiphénomène qui prend des proportions alarmantes. Pour nombre d’entre eux, il s’agit de simuler une situation de grande pauvreté et de précarité sociale. Et quand la catégorie infantile, symbole d’innocence et de vulnérabilité est exhibée, cela marche à tous les coups et il est difficile pour les passants de « résister » au spectacle poignant que laisse échapper le théâtre factice qui se joue, au quotidien, sur les trottoirs, à proximité des lieux publics et du marché hebdomadaire notamment la chasse à l’argent se fait par exemple par beaucoup de femmes seules ou qui portent un bébé, ratissant large, les mercredis et jeudis, en quête d’une meilleure rente possible, aux accès du souk qui leur prodigue, en cette occasion, le maximum de « clients » potentiels. Les démarches, pour dénicher une occasion de faire mouche, sont diverses. Illustration : une femme voilée, offrant le modèle féminin conventionnel plutôt bien accepté, déambule dans les différentes artères et guette minutieusement le moment propice pour apostropher un client : le moment où il sort sa bourse pour régler ses achats. Dans ce racolage, rare sont les gens qui ne tombent pas dans les mailles du « filet dérivant » qui leur est tendu. Autres exemples, dénotant une activité permanente de santé : celles qui « travaillent » avec une certaine alternance, en face de la porte d’accès de la poste. Interrogée par nos soins, sur ses chances de pouvoir gagner sa vie, en travaillant, par exemple, pour des personnes âgées ou en faisant la garde de bébés à des femmes actives. la plus ancienne des deux, sans s’en offusquer ni exprimer la moindre gêne, affirmera avoir déjà fait ce genre de boulot pour 5000 DA par mois, revenu qu’elle a jugé insuffisant pour pouvoir vivre.
Z. F.
