Un retard de 8 ans !

Partager

Même si dans la commune de Seddouk les citoyens sont habitués à voir des projets de grande envergure en souffrance durant de longues années, le retard mis dans la réalisation du projet de la crèche communale dépasse tout entendement. 

Il est, actuellement, sujet de discussion dans les cafés et les placettes publiques faisant couler beaucoup de salives et d’encre. Ce projet de la crèche communale dans la commune de Seddouk est notifié en 2006 par les pouvoirs publics, et 8 ans après, il moisit toujours au fond d’un tiroir quelque part, alors que le choix de terrain a été fait il y a belle lurette sur une assiette foncière spacieuse, aérée et exposée au soleil et située au centre-ville. Pourquoi l’Etat a décidé de construire une crèche dans chaque commune ? La réponse est pourtant toute simple. Nos mamans et nos sœurs de l’ancienne génération qui n’avaient pas eu l’occasion de fréquenter l’école sont confrontées aussi à un tabou de la religion qui ne leurs permettant pas de travailler à l’extérieur. D’ailleurs, rares sont les femmes qui sont sorties loin de leur patelin durant toute leur vie. Elles se contentaient, donc, juste de faire les travaux ménagers à la maison, d’élever leurs enfants et de faire pour certaines des métiers artisanaux, comme le métier à tisser traditionnel et le travail saisonnier aux champs comme la campagne de cueillette des olives. Mais depuis l’indépendance, la femme de notre pays ne cesse de gagner des espaces de liberté entre autres, comme celui de fréquenter l’école et d’occuper un poste de travail dans toute activité suivant les compétences acquises. Si l’on s’en tient à cela, les plaisirs de la vie vont crescendo chez les couples de la génération actuelle. Leurs soucis permanents sont bien se nourrir et se vêtir, acquérir des moments de loisirs en ayant la télévisons et l’ordinateur à la maison, se permettre des vacances à l’intérieur du pays ou des voyages à l’étranger, etc. Pour réaliser de tels projets, les deux membres d’un couple ont besoin de travailler tout les deux en ayant l’espoir de confier pendant leur absence leurs enfants à des garderies. Alors c’est pour répondre à ces besoins pressants des couples, que l’Etat a décidé il y a une dizaine d’années, de créer une crèche étatique dans chaque chef-lieu de daïra. Pour l’encadrement des enfants, une session de formation des gardiennes de bébés est créée dans certains centres de formation professionnelle. Comme le projet de la crèche communale traîne en longueur à Seddouk, alors deux garderies privées y ont vu le jour. L’une a été créée il y a quelques années déjà et l’autre il y a juste quelques mois. Le problème de gardiennage d’enfants se pose particulièrement dans toutes les grandes villes. Confrontées au calvaire de gardiennage de leurs enfants, beaucoup de mamans actives trouvent une aubaine dans l’ouverture des garderies d’enfants en leurs confiant leurs progénitures. Mais confier son enfant est loin d’être une chose aisée comme l’explique Mme Salima, cadre dans une institution étatique, qui a bien voulu raconter les tracasseries des mamans actives qui confient leurs enfants à des garderies d’enfants. « Il est difficile de trouver une crèche pour enfants qui répond aux normes exigées par la réglementation. Nombre de ces garderies d’enfants sont devenues des commerces avec des augmentations constantes des prix pour des prestations de services qui laissent parfois à désirer. Durant la période des grandes vacances de l’été c’est un vrai parcours du combattant pour les couples dont les deux membres activent. C’est la période de la fermeture annuelle de beaucoup de garderies et les couples n’ont d’autres choix que de confier leurs enfants à des membres de la famille ne connaissant pas la conduite à tenir pour garder un enfant dans de bonnes conditions. Des cas de maltraitance ont été même signalés », a déclaré cette maman parlant en connaissance de cause, bien évidemment. Pour faire face à la demande qui augmente d’année en année avec l’augmentation aussi de femmes travailleuses chaque année, les garderies d’enfants naissent comme des champignons mais sans pouvoir arriver à juguler le déséquilibre entre l’offre et la demande. C’est ce qui a fait que des garderies sont créées dans des endroits ne répondant pas souvent aux normes édictées par le décret exécutif n°92/382 de 1992, régissant les conditions d’ouvertures des crèches pour enfants. Alléchés par l’odeur de l’argent, des garages et même des caves ont été aménagés comme des garderies d’enfants, sans issues de secours, ni fenêtres d’aération, ni d’espace réguliers pour les jeux. Cette anarchie dans un créneau sensible, car il s’agit de l’avenir des petits enfants, a fait réagir les Directions de l’action sociale qui agissent par le biais des commissions de contrôles créées à cet effet, dans l’optique de veiller au respect de la réglementation régissant ces établissements spécialisés. Devant ces carences qui ne sont pas des moindres et pour bien définir la mission noble de ces crèches, la tutelle va vers l’instauration d’une réglementation rigide qui exclurait la délivrance d’une autorisation d’exploitation à des établissements ne répondant pas aux normes. Revenant au projet de la crèche communale de Seddouk, la question qui mérite d’être posée est la suivant : Ce projet de grande utilité publique verra-t-il le jour dans un proche avenir ?                        

L. Beddar

Partager