Le virus de la fièvre aphteuse se propage rapidement à travers les étables et les pâturages de la daïra de M’Chedallah. Les vétérinaires qui ont investi les lieux d’élevage bovin ont déjà dépisté pas moins de 25 cas avérés dont 11 ont été orientés lundi dernier vers l’abattoir communal de M’Chedallah. Les quatorze (14) autres ont été programmés pour le lendemain. Ce sont donc pas moins de 25 bovins que ce terrible virus a terrassé au niveau de la région de M’Chedallah depuis son apparition, créant une indescriptible panique parmi les éleveurs d’autant plus que des vaches vaccinées à Chorfa et Aghbalou contre la fièvre aphteuse ont été atteintes par ce virus qui en compte 07 types dont certains sont réfractaires au vaccin injecté aux bovins durant la dernière campagne de vaccination menée par les services agricoles. Les vaccins administrés aux bêtes restent inefficaces, comme l’affirmeront de nombreux vétérinaires interrogés à ce sujet. Nous apprenons d’autre part que les subdivisions agricoles de M’Chedallah et Ahnif sont en rupture de ce vaccin et attendent de nouveaux quotas pour vacciner les bêtes qui n’ont pas reçu ce traitement préventif. Devant l’ampleur de cette catastrophe qui prend des proportions alarmantes, il a été décidé l’installation d’une cellule de crise, lundi dernier, au niveau de la commune de M’Chedallah qui est également chef-lieu de daïra. La cellule est composée d’un vétérinaire de la subdivision agricole, d’un membre du bureau d’hygiène de l’APC, un autre des services de la prévention du secteur de la santé d’un représentant de la daïra, de la sûreté urbaine, de la gendarmerie nationale et de la protection civile. Un éleveur de bovins, qui a perdu de nombreuses tètes de son cheptel, rencontré devant le siège de l’APC, avant-hier après-midi, hurla, hors de lui : « Mais que peut faire cette cellule de crise en absence d’un traitement compatible efficace pour stopper cette catastrophe ? ». « Encore heureux que ce virus ne soit pas transmissible à l’homme », enchaîna un autre éleveur. En désespoir de cause, beaucoup d’éleveurs se retournent vers des traitements traditionnels à base de citron, de henné ou du vinaigre pour désinfecter les muqueuses buccales des bêtes atteintes. Les bêtes atteintes sont reconnaissables aux grandes quantités de bave qui coulent de leurs bouches. Elles cessent de s’alimenter et de boire jusqu’à ce que mort s’ensuive, après une longue agonie. D’où ce recours à l’abattage systématique des animaux atteints. Rappelons qu’en 2001, 2004 et 2006 c’était le virus de la bleue Tongue qui a sévi dans la région et fait de considérables ravages parmi le cheptel ovin en décimant des troupeaux entiers. Des dizaines d’éleveurs ruinés par ce virus n’ont jamais été indemnisés ni n’ont reçu une quelconque aide. La plupart d’entre eux, qui n’avaient pas les moyens de renouveler leurs troupeaux, se sont retrouvés au chômage.
Oulaid Soualah
