La location d’appartements des particuliers, en période estivale, représente un chiffre d’affaires qui dépasse, dans la wilaya de Béjaïa, les 50 millions de dinars chaque été.
Cette nouvelle méthode augmente, implicitement, le prix de l’immobilier, mais incite les touristes à se rendre en famille à Béjaïa et ses alentours, à l’instar des autres régions côtières du pays. D’ailleurs, ces derniers trouvent leurs comptes dans cette formule. Kamel, un médecin de M’sila, loue régulièrement un appartement à Tichy. Il dira que la location d’un appartement lui revient moins cher que l’hôtel. En effet, chef d’une famille de six personnes, il serait obligé de réserver trois chambres à 4. 000 ou même 6. 000 dinars la nuitée, soit une dépense quotidienne dépassant le million et demi de centimes, pour l’hébergement uniquement. Un petit calcul donc l’incitera à opter pour la formule de location d’un appartement. Donc les deux parties trouvent leurs comptes. En effet, les propriétaires d’appartements ne payent pas d’impôts. Bien au contraire, ils sont encouragés par les pouvoirs publics à la seule condition de déclarer les locataires. Cette déclaration est exigée pour une question de fiabilité des statistiques. Cette confidence est du directeur du tourisme qui en avait fait part, dans ces mêmes colonnes, à l’entame de la saison estivale. Ils sont de plus en plus nombreux à opter pour cette méthode. Les uns passent par l’agence immobilière alors que d’autres préfèrent conclure directement avec les clients. Ça va du F3 modestement équipé à la villa de haut standing. Bien entendu, les loyers diffèrent selon le standing et les lieux d’implantation. Un appartement modestement équipé est proposé entre 3. 000 et 5. 000 dinars la nuitée alors que la villa, bien équipée, est située dans la fourchette de 7. 000 à 15. 000 dinars la nuitée. Fini le temps des locations mensuelles. « Depuis que le Ramadhan coïncide avec la saison estivale, la rentabilité est dans la location à la journée », dira Mokhtar, propriétaire d’un appartement secondaire à Aokas. Celui-ci dira que la période de location a été écourtée et la location mensuelle ne peut être rentable. Ce dernier loue son appartement en période creuse, soit durant les dix mois hors-été à un million de centimes par mois et en haute saison à 4. 000 dinars la nuitée. Ils sont nombreux les bailleurs comme Mokhtar. Les autres, ceux qui rentrent en été à la montagne chez les parents pour louer leurs appartements de la ville, s’adressent aux agences de location immobilières. Les gérants de ces dernières négocient et ne concluent qu’après accord sur le prix et les modalités de payement. « Nous prenons les clés des appartements qui nous intéressent, à savoir ceux qui sont propres et assez bien équipés. C’est une fois loués et l’argent de la location encaissé que nous payons les propriétaires », dira un gérant d’une agence immobilière, qui requiert l’anonymat, qui avouera, aussi, que son agence engrange des profits dépassant largement la centaine de millions par saison. Pour ce dernier, il n’y a aucune agence qui ne gagne pas une moyenne de deux millions de centimes par appartement. Il y a beaucoup d’argent à gagner en investissant dans l’immobilier. C’est probablement la raison pour laquelle les postulants aux logements, qu’ils soient sociaux ou socio-promotionnels, font tout pour bénéficier d’un appartement quitte à faire de fausses déclarations ou encore à procéder à la fermeture de la route pour exiger d’être dans la liste des heureux bénéficiaires.
A. Gana

