Le massif de Ksana souffre de la multiplication des carrières

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Après avoir bénéficié au début de l’année 2014, d’une concession sur un terrain du domaine public de l’État, dans la forêt de Koudiet El Khechba, relevant de la commune d’Oued El Berdi, l’entreprise privée Enfoc, chargée de l’extraction d’agrégats et de concassage, se heurte à un problème d’extension. En effet, ayant sollicité de la wilaya un espace de 16 hectares pour y installer des dépendances (bureaux, garages,…) en dehors du site d’exploitation, elle se voit opposer un avis défavorable de la part des services des forêts. L’entreprise Enfoc, qui exploitait auparavant un terrain privé à El Mohgoune, s’est délocalisée après avoir eu un litige avec le propriétaire du terrain. L’opposition à laquelle fait face cette entreprise pour bénéficier d’une extension est une procédure classique dans l’administration des domaines et du service des forêts, sachant que les textes règlementaires régissant ce genre de terrain, de nature domaniale publique, ne permettent pas les investissements privés sur leur assiette. Une instruction du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, datant de mai 2013, relative à la protection des terres agricoles, est venue renforcer ce cadre législatif en ne permettant le déclassement des terres que pour des équipements publics relevant d’une impérative nécessité (santé éducation, équipement énergétiques). Le terrain obtenu déjà par l’entreprise Enfoc, destiné à l’exploitation du gisement souterrain et le terrain qu’elle sollicite à titre d’extension, sont situés dans le massif forestier du Ksana, relevant des communes d’Oued El Berdi et d’El Hachimia. Ce massif, depuis l’installation de plusieurs carrières à proximité du CW 97 menant à la station thermale de Hammam Ksana, est en train de se réduire comme une peau de chagrin, d’autant plus qu’il a été sévèrement touché auparavant, pendant la décennie noire, par de multiples incendies. L’impact négatif des carrières ne se limite pas aux espèces forestières. Des dizaines d’exploitants agricoles possèdent des concessions en oléiculture dans ce même périmètre. Certaines de ces exploitations sont lourdement affectées par les émanations de poussière provenant aussi bien des sites de carrières que des navettes incessantes des camions de gros tonnage parcourant les pistes attenantes aux oliveraies. De même, et bien que ces unités d’exploitation aient crée de l’emploi dans la région, les habitants de certaines localités, comme Ahl R’gueb et Fraksa, ne cessent de se plaindre des effets sismiques des explosifs utilisés. Des mures des maisons ont été lézardés. Certains villageois font état de leur crainte de voir des sources d’eau naturelles disparaître, suite à ces mouvements telluriques.

N. M. Taous

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