Les déboires des habitants

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Quand on parle de la cité des “40” à Mekla tout le monde sait de quoi on parle. Il n’est nullement besoin de préciser qu’il s’agit des 40 Logements, bâtiment très haut dont les travaux ont été achevés en 1998 et qui s’est retrouvé, à l’occasion des évènements de Kabylie, squatté durant une longue période pour être attribué, enfin, à certaines familles nécessiteuses, en vertu d’une longue liste contestée par beaucoup de demandeurs.Aujourd’hui, les heureux attributaires ont reçu l’aval pour venir y pendre leur crémaillère, mais leur surprise a été plutôt mauvaise en constatant les énormes dégâts, que les squatteurs ont laissé derrière eux et dont la facture a été notifiée à chaque attributaire qui devra s’en acquitter avant de pouvoir s’installer. Là où le bât blesse, c’est lorsque l’on constate que rien n’a été achevé dans les normes et que tout est à faire ou à refaire dans ce bâtiment qui n’a que l’ossature et une lointaine ressemblance approximative avec une cité résidentielle.Vu de loin, tout le monde s’étonnera de voir cette bâtisse résonner des cris de bambins et grouiller d’animation, considérant que des buses de trois mètres de long (un mètre de diamètre) continuent de côtoyer les bus de ramassage scolaire qui y ont élu domicile du matin au soir avec tous les risques qui en découlent. Les résidents s’attendent au pire au regard des mécaniciens qui réparent les moteurs à longueur de journée, les ronflements de ces derniers et les grincements des freins étant devenus le brouhaha quotidien et inévitable.Quant à parler des avantages de la civilisation, loin s’en faut, il suffit de s’éloigner de quelques pas, pour se rendre compte que les travaux d’électrification n’ayant pas été réalisés, chacun s’est débrouillé, à sa manière, pour se raccorder chez le voisin de l’autre côté du chemin wilayal dans un enchevêtrement de fils qui ressemble plutôt à une toile d’araignée, à quelques centimètres des toits des camions qui fréquentent cette route. Les risques d’électrocution sont trop évidents pour ne pas s’en alarmer. Lorsque les “heureux occupants” se sont rapprochés des services de la Sonelgaz, ils ont été dirigés vers les services de l’OPGI, lesquels ont rejeté la responsabilité sur ceux de la Sonelgaz et vice-versa. Vous vous imaginez l’imbroglio : ce n’est pas de mon ressort, c’est l’autre qui est responsable. Il est vrai que les dégradations sont trop importantes pour être prises en charge par un quelconque organisme. Le chef de daïra auquel se sont adressés ces citoyens n’a fait que constater son impuissance à régler cet épineux problème. Et en attendant, la vie continue, les adultes vaquent à leurs occupations quotidiennes, les enfants continuent à se faufiler entre les bus et les buses, les malades continuent de subir ce tintamarre permanent, tout le monde se porte bien car tout le monde a enfin, son chez soi, dans cette cité des 40… résidents venus des villages voisins chercher la paix citadine dans ce milieu qui ne s’y prête guère, ce paradis étant devenu un enfer.

Sofiane M.

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