La crise d’eau persiste

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La crise d’eau dans la commune de Chemini n’est pas prête de connaître son épilogue. Les 25 villages de cette localité vivent dans une pauvreté hydrique sans précédent.

Les robinets sont presque à sec, au vu de la faible ration allouée à chaque foyer, à raison d’une fois par semaine. Il est tout de même ahurissant que toute une localité soit réduite à consommer l’eau avec parcimonie, d’autant plus que les besoins en cette denrée essentielle dans la saison des grandes chaleurs montent crescendo. L’alimentation en eau potable pour la commune de Chemini se fait à partir des eaux puisées dans la montagne, une eau de source potable. Quant aux eaux puisées à la rivière de la Soummam, elles sont souvent utilisées pour des usages domestiques. Néanmoins, le faible débit des deux sources est loin de satisfaire une population dépassant les 16 000 âmes. Les différents exécutifs ayant pris les rênes de la municipalité n’ont pas trouvé de solution pour étancher la soif d’une population qui n’a que trop souffert du stress hydrique. Les promesses « mirobolantes » faites par le premier magistrat de la commune de pallier cet épineux problème ne voient pas encore le jour. « Avec le lancement d’un deuxième forage, dont le débit est estimé à 20 litres/seconde, la crise d’eau sera atténuée un tant soit peu », avance l’édile communal. Mais, force est de constater qu’après le coup d’envoi de la réalisation du 2e forage, la situation est presque la même. L’eau se fait toujours rare dans les robinets. La crise d’eau suscite l’ire de la population locale, qui ne comprend guère la passivité et l’inertie des pouvoirs publics devant une situation catastrophique qui cause d’énormes désagréments à la population locale. Certains comités de villages, comme celui de Tidjounane, n’ont pas hésité à fermer le siège de l’APC de Chemini, dernièrement, en signe de mécontentement et pour exprimer leur ras-le-bol face à l’impuissance des autorités locales de trouver une solution à la crise d’eau qui touche de plein fouet toute une région. Les villageois de Taghrast, situé en contrebas de la commune et limitrophe au village Tidjounane, ont exprimé eux aussi leur inquiétude et leur angoisse face à l’absence de cette source vitale. Un collectif d’une dizaine de personnes dudit village s’est rapproché du premier magistrat de la commune, lequel était absent lors de leur passage. Saisissant notre présence sur les lieux, un membre dudit collectif nous avoue tout de go : « Il est inadmissible que nos doléances soient jetées aux calendes grecques. Nous avons interpellé le maire à moult reprises, mais rien n’a été entrepris à ce jour ». Un autre citoyen du même village, quinquagénaire, abonde dans le même sens : « Nous ne voyons les responsables que lors des campagnes électorales, car nous représentons à leurs yeux un potentiel électoral, mais une fois élus, toutes leurs promesses tombent à l’eau ». Peu d’actions ont été conduites dans le sens d’améliorer l’AEP. Cela fait des décennies que la région vit un calvaire causé par la mauvaise gestion de l’eau, alors que la demande est de plus en plus croissante. Il est plus qu’urgent que les responsables revoient leur politique de gestion de l’eau pour répondre aux besoins de la population en cette source vitale. Il va sans dire que le ratio en eau par habitant et par an, qui était de 1500 m3 en 1962, est passé aujourd’hui à 500m3.

Bachir Djaider

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