La romancière Maïssa Bey a été l’invitée des « Mois littéraires de Bouzeguène », une rencontre qu’organise mensuellement l’Association culturelle « Igelfan » en collaboration avec le centre culturel Ferrat-Ramdan. Devant une assistance avide de connaître davantage le monde de la littérature, ainsi que ses créations littéraires, elle a passé en revue son histoire personnelle, ainsi que sa vie d’écrivain. De son vrai nom, Samia Ben Ameur, elle est arrivée à l’écriture en 1996, au moment où d’importantes figures de la littérature algérienne étaient exterminées par le terrorisme. Pour protéger sa famille, elle s’est choisi un nom littéraire, en l’occurrence « Maïssa Bey ». Ses travaux sont inspirés de sa vie personnelle et des évènements qui l’ont marquée. Ainsi, dans son roman « Entendez-vous dans les montagnes… », elle revient sur la mort de son père sous la torture des militaires français durant la guerre, un événement qui a fortement marqué l’enfant qu’elle était. Quant à « Cette fille-là », il évoque la condition féminine peu reluisante dans la société. Une histoire, qui renseigne sur la place de la femme dans la société et le regard porté à son égard, à travers une fille née de parents inconnus. « Un état qui résume un malaise social envers tout ce qui vient de la femme », dira Maïssa Bey « l’émergence de la femme est un tabou, son expression sur divers sujets est un tabou », poursuit-elle, pour contribuer à améliorer la situation de la femme, Maïssa Bey milite au sein d’une association de femmes algériennes « Paroles et écriture » ; cette dernière anime un atelier, pour initier les femmes à l’écriture. Depuis son entrée dans le monde de la production littéraire, avec son roman « La mer » (ed. Marsa) en 1996, des travaux aussi riches que variés lui ont été publiés, ce qui lui a valu de nombreux prix en récompense. Le dernier est le « Prix des libraires algériens » de cette année pour un « écrivain qui aura marqué les lecteurs ces dernières années ».
N. Boukella
