À cause du prix élevé de la voiture et de son entretien qui revient extrêmement cher, auxquels s’ajoutent les problèmes d’encombrements sur les routes, beaucoup de gens préfèrent rouler en moto. Certains par plaisir, d’autres par nécessité. Dans la commune de Seddouk, le nombre de motos qui circulent a été multiplié par dix, ces derniers temps. D’ailleurs, beaucoup de concessionnaires spécialisés en motocycles se sont installés, ces dernières années, dans les villes de la haute vallée de la Soummam, y trouvant un créneau juteux. Les bienfaits de la moto sont multiples, selon Dda Lahlou, qui a acquis sa première bécane durant les années 1970. « En France où j’ai vécu quelques années, je roulais à vélo, car à Paris il n’y a que du plat. En Algérie, dés mon retour en 1975, j’ai trouvé un travail dans une usine, loin de mon lieu de résidence. Comme les moyens de transport se faisaient rares, j’ai acheté une moto de marque algérienne de type CMG. Je l’utilisais pour mes déplacements à mon lieu de travail. À présent, je m’en sers toujours pour me déplacer et même pour ramener mes achats ou une bouteille de gaz et des jerricans d’eau. Je me rends aussi avec à mon champ, et cela depuis l’époque où le chemin qui y mène était étroit, ne permettant pas l’accès en voiture. J’emmenais aussi mon fils de l’école. C’est vous dire que la moto rend beaucoup de services», a déclaré notre interlocuteur. Mohand, un autre ancien motard, quant à lui, énumérera les bienfaits de la moto, tout en avertissant que les accidents de ce moyen de déplacement sont souvent mortels, surtout sans port du casque. « La moto me permet de me déplacer partout, aisément et sans craindre les encombrements, surtout en ville. Je sais me faufiler entre les voitures. Mais seulement, le seul accident eu j’ai fait avec, m’a coûté une jambe de cassée. Heureusement pour moi que je portais un casque, cela m’a évité une mort certaine. Alors, si j’ai un conseil à donner aux motocyclistes, c’est de ne jamais rouler sans casque », a-t-il souligné. Mais la Moto a aussi ses effets nuisibles, surtout pour les autres. Ce ne sont pas tous les conducteurs qui l’utilisent à bon escient. Parfois, elles sont conduites par des jeunes qui ne pensent pas aux nuisances faites à autrui, en enlevant le silencieux de l’échappement. Dés fois, ils passent en groupe, en ville, faisant le rallye, en pleine nuit, avec des moteurs qui ronronnent puissamment, tirant de leur sommeil les paisibles habitants. Certains conducteurs font fi des règles les plus élémentaires de conduite, ne respectant pas le code de la route. Ceux qui n’ont pas de permis de conduire ne savent même pas l’importance des panneaux de signalisation routière, grillant les stops et les sens interdits. « A Tibouamouchine où je vis, par exemple, je m’interdis, le soir, de laisser ouvertes les fenêtres donnant sur la RN 74, me privant ainsi de profiter d’un peu de fraîcheur, à cause des vrombissements des moteurs de motos ou de voitures. Parfois, l’on entend même des klaxons au milieu de la nuit. Je me demande, seulement, si un jour il y aura une réglementation qui mettrait un terme à cela. Il est du devoir des pouvoirs publics d’intervenir par la mise en place d’un décret qui interdirait, au-delà de minuit, tout tapage nocturne. Il faut que la loi soit scrupuleusement appliquée », a suggéré un citoyen. Une question mérite d’être posée : Est-ce que la moto est l’apanage de la gent masculine ? A présent, on n’a pas vu une femme conduire une moto, comme c’est le cas pour la voiture avec le nombre de femmes conductrices de plus en plus croissant, ce qui était loin d’être le cas il y a, à peine, une dizaine d’années seulement. Ce qui est aussi fort remarquable, c’est la disparition de l’usage du vélo, alors qu’il fut, un certain temps, beaucoup plus utilisé que la moto. Conduire une Moto c’est bien, être prudent en portant un casque et en respectant le code de la route, c’est encore mieux, car cela prémunit contre les dangers de la route.
L. Beddar
