Fermés depuis l’apparition de la fièvre aphteuse, à la fin du mois de juillet dernier de manière préventive, les marchés à bestiaux seront rouverts la semaine prochaine.
C’est ce qu’a annoncé hier, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelwahab Nouri. « Les marchés à bestiaux seront rouverts la semaine prochaine, c’est-à-dire lorsque toutes les conditions d’organisation rigoureuse de ces marchés seront réunies », a déclaré le ministre, en marge de l’ouverture de la session d’automne du Conseil de la Nation et de l’Assemblée populaire nationale (APN). Les walis et les services agricoles ont reçu instruction de procéder à la désinfection de tous les marchés avant leur réouverture en prévision de la fête de l’Aïd El Kebir, selon le ministre. Fin juillet, les pouvoirs publics ont décidé de fermer les marchés à bestiaux pour cantonner la maladie de la fièvre aphteuse, suite à la détection d’un foyer dans la commune de Bir El Aârch à Sétif, dans l’Est du pays. La maladie s’est vite propagée pour toucher, à ce jour, plus de 20 wilayas de l’Est, du centre et de l’ouest du pays. « Nous pensons que la situation tend vers la stabilisation. Techniquement, le virus a une période de vie déterminée, pour peu que le virus ne réapparaisse plus », a souligné toutefois, M. Nouri. Il a estimé que les pertes économiques dues à cette épizootie étaient « très minimes », par rapport à celles enregistrées dans les autres pays touchés par cette maladie, comme la Grande Bretagne, qui a perdu plus de quatre millions de têtes en 2001. Selon les derniers chiffres du ministère, la maladie s’est propagée à travers 192 foyers, dans une vingtaine de wilayas, et 964 vaches et taurillons ont été abattus. Les services vétérinaires ont effectué des enquêtes, faisant ressortir que la maladie est d’abord apparue dans la commune de Bir El Aârch à Sétif, puis, suite à l’activité des intermédiaires, des taurillons destinés à l’engraissement ont été vendus dans le marché à bestiaux de Bouira, causant la propagation de la maladie dans les wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Alger et Bordj Bou Arreridj, avant d’atteindre les autres wilayas. Le responsable des services vétérinaires au ministère de l’Agriculture a réaffirmé que le programme de vaccination national a touché 75 à 80% du cheptel bovin, soit 1,6 million de têtes, sur un cheptel de près de 2 millions de têtes. Selon un bilan de la Direction des services agricoles, la wilaya de Tizi-Ouzou, l’une des régions les plus touchées par la maladie, a enregistré jusqu’au 18 août dernier, 1295 cas de fièvre aphteuse bovine, répartis sur 64 foyers recensés à travers 37 communes. Sur ce nombre, il a été procédé à l’abattage de 1199 têtes, contre 27 cas de mortalité a-t-on signalé. Selon les statistiques de la DSA, la wilaya compte un cheptel bovin avoisinant 110 000 têtes, dont 47 000 vaches laitières. Concernant l’opération d’indemnisation des éleveurs, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural a indiqué que son secteur avait décentralisé le dispositif de remboursement afin qu’il soit le plus proche possible des localités touchées. L’Etat a déjà mobilisé des enveloppes financières au niveau de la Banque de l’Agriculture et du Développement Rural (BADR), alors que le recensement des éleveurs concernés se poursuit, d’après M. Nouri.
A. C.

