L’amélioration du niveau de vie des ménages conjuguée avec le développement technologique même forcément à l’augmentation des ordures ménagères.
Malheureusement, ces immondices envahissent chaque coin de rue, les cours d’eau, les maquis, quartiers… tout cela est dû à leur mauvaise gestion qui, par la force des choses, menace l’écosystème et la santé des riverains. Le chef-lieu de la wilaya n’est pas épargné par les immondices, entreposées pêle-mêle à même le sol près du siège de la wilaya et d’autres directions. Les responsables locaux et directeurs régionaux passent et repassent quotidiennement devant un fouillis de sachets éventrés, exhalant des miasmes pestilentiels et délétères. Les ordures ménagères ne sont pas les seules à ternir l’image de nos villes et de nos bourgades, car d’autres, plus consistantes, sont en prolifération. Des déchets inertes (gravats) provenant des secteurs du bâtiment et des travaux publics sont déversés, faute d’un site approprié le long des routes, des cours d’eau ou tout simplement dans des décharges improvisées pour les ordures domestiques. Ce type de déchets est le résultat du boom que connaît le secteur du bâtiment. Des monticules de gravats envahissent tout espace pouvant faire office de décharge. Cette situation n’est pas sans conséquence sur dame nature. Prolifération de matières toxiques dans le sol, polluant ainsi les nappes phréatiques et défigurant en plus les paysages féeriques de la Kabylie. Cette prolifération de déchets offre un visage hideux aux villes et campagnes. Nul besoin d’être un esthète raffiné pour s’en rendre compte. Aussi bizarre que cela puisse paraître, suivre aujourd’hui le cours d’eau d’une rivière nous renseignera sur le mode vie de nos concitoyens. Canettes de bière, bouteilles en plastique, pneus usés, sachets, boites en carton, carcasses de véhicules… sont autant de déchets qui s’amoncellent. Des meutes de chiens, de chats et de rats s’y invitent. Au rythme où vont les choses, les villes et les villages sont devenus des dépotoirs à ciel ouvert, et ce, au su et au vu de tout le monde. Les écologistes ont, à maintes reprises, tiré la sonnette d’alarme quant au danger qui guette notre environnement. Ils interpellent les autorités compétentes, afin de mettre le holà à cette menace écologique. Des projets de réalisation de centres d’enfouissement technique ont été promis par les pouvoirs publics, mais pour l’instant rien n’a été concrétisé. « Il est inadmissible que nos villages soient des décharges à ciel ouvert », dira un jeune universitaire. Le tri des ordures est l’une des solutions afin de récupérer le maximum d’emballage à des fins de recyclage, ce qui permettra de créer des postes d’emploi en s’orientant vers ce type d’industrie. L’absence de décharge communale n’a fait qu’empirer les choses. Les citoyens déversent leurs ordures pêle-mêle sans se soucier des conséquences désastreuses que cela cause à l’environnement. Pratiquement, tout le long des routes, des ordures de tout genre jonchent le sol : des canettes de bière, des sachets en plastique et autre. L’insouciance de la population va toucher sérieusement et l’écosystème et la santé des habitants. Les crues hivernales drainant des chapelets de déchets de toutes sortes, se déversant directement dans le lit de la Soummam, pour ensuite s’acheminer vers la mer. L’exubérante faune et flore peuplant l’écosystème se meurent lentement. Il y va de l’avenir de toute une région et de la santé de la population locale. Un véritable plan Marshall doit être mis en œuvre afin de redorer l’image de la Kabylie, et de surcroit, assainir l’environnement et le quotidien de la population. Les personnes esthètes sont unanimes sur le fait que la ville de Béjaïa est l’une des villes les plus insalubres, nonobstant les qualités intrinsèques qui lui permettent de se hisser au rang d’une ville propre par excellence. On ne peut prétendre à un avenir meilleur et promouvoir le tourisme sous toutes ses formes sans une réelle volonté politique, conjuguée avec l’adhésion de tout un chacun dans la préservation de notre écosystème. De même, une meilleure gestion de nos déchets passe inéluctablement par leur traitement, en ayant au bout de la chaîne une valorisation desdits déchets qui peut être par ricochet, une source d’argent. Tels sont les défis que devront relever les autorités compétentes.
Bachir Djaider

