Les six ouvriers qui assurent le gardiennage du projet de réalisation du pénitencier ne savent plus à quelle autorité s’adresser. En effet, selon l’un d’eux, leurs salaires n’étaient pas versés depuis maintenant six mois. « Même notre congé n’est pas encore versé. Vraiment, nous sommes inquiets. D’habitude, chaque mois, nous signons les contrats. Mais, cette fois, rien n’est encore fait. A chaque jour suffit sa peine « , nous confiera le même gardien. Celui-ci évoquera aussi les conditions dans lesquelles ils assurent ce gardiennage. » Nous sommes abandonnés dans cet endroit où il n’y a ni éclairage ni eau potable. A cela, s’ajoute aussi l’insécurité », poursuivra le même intervenant. Quant au deuxième intervenant, il nous apprendra que même si, pratiquement, il ne reste presque rien à part les pieds droits et quelques madriers, il faudrait quand même assurer au mieux cette mission. D’ailleurs, même les grues sont en train d’être démontées par une entreprise qui les a acquises aux enchères. Interrogés s’il y a déjà une décision qui a été prise par rapport à la reprise des travaux, nos interlocuteurs ne savent à rien à ce propos. » Nous voyons des commissions venir visiter le chantier. Mais, pour vous dire que ce projet est confié à une autre entreprise, je ne peux rien avancer à ce sujet. Pourtant, on a entendu parler que bientôt les travaux allaient redémarrer », nous répondra l’un d’eux. Ce projet lancé en grande pompe par la société espagnole Euro Casa en 2012 avait pris la cadence souhaitée au début à telle enseigne que tout le monde croyait que ce pénitencier d’une capacité de 300 places, inscrit dans le cadre de la carte nationale de pénitencier, allait être livré dans les délais. Malheureusement, en novembre 2014, suite à une défaillance de l’entreprise pour non paiement des sociétés de sous-traitance d’une part, et d’autre part pour non respect des délais, le marché lui a été retiré si bien que plus de deux cent cinquante ouvriers ont été mis au chômage. Il faut rappeler que ce pénitencier est indispensable dans cette localité où la maison d’arrêt datant de l’époque coloniale ne répond pas aux normes de détention d’une part et d’autre part, elle est située à proximité d’une école primaire en plein centre-ville et au milieu d’habitations.
Amar Ouramdane
