La famille de Brahiti Lakhdar demande la réouverture du procès

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Il est l’un des procès les plus médiatiques de la région. La condamnation à dix ans de prison ferme de Brahiti Lakhdar, directeur administratif à la cité universitaire d’Iheddaden, banlieue de Béjaïa, continue de susciter la polémique après cinq ans du déroulement des faits. Une période durant laquelle, son épouse et sa famille ont mené un combat sans relâche pour le faire sortir de prison, où il est détenu depuis 2009 pour homicide volontaire, qu’il nie avoir commis. Sa famille compte obtenir la réouverture de son procès après avoir saisi le président de la République et reçu une réponse de sa part. «Il y a un espoir de réouverture du procès de mon frère pour un jugement équitable. Nous avons saisi le président de la République, qui constitue notre ultime recours, pour lever l’injustice dont fait l’objet mon frère, condamné par le tribunal criminel de Béjaïa, le 09/03/2009, à dix ans de prison ferme pour homicide volontaire, qu’il n’a jamais commis. Le président nous a répondu, en nous demandant de saisir le procureur général pour une éventuelle réouverture de ce procès, qui a meurtri toute la famille», nous a indiqué le jeune frère de Lakhdar, lequel a déjà passé la moitié de sa peine en prison. Pour rappel, les faits de ce drame remontent au 06 mai 2009, lorsqu’un médecin exerçant au sein de la cité universitaire d’Iheddaden a rendu l’âme à l’intérieur de son cabinet, «gisant dans une marre de sang et un couteau à la main», selon le témoignage d’un travailleur, recueilli par les enquêteurs. Avant cette scène, la correspondance transmise par la famille de Brahiti au président de la République relève qu’«une altercation verbale entre Lakhdar Brahiti, directeur administratif à la cité universitaire d’Iheddaden, et le médecin exerçant au niveau de la même structure, a tourné court lorsque le médecin, qui a reproché à Brahiti d’avoir colporté des propos malveillants sur sa personne, s’est brusquement saisi d’une arme blanche avec laquelle il a porté plusieurs coups sur toutes les parties du corps de Brahiti le blessant grièvement», a-t-on écrit. Ensuite, selon la famille de Brahiti, ce médecin aurait porté des coups de couteau mortels sur son corps. «Le médecin légiste, qui a procédé à l’autopsie du corps du défunt, a conclu dans son rapport à une éventuelle automutilation», rapporte la famille de Brahiti, tout en déplorant que le juge n’a pas pris en considération ce fait. L’autre argument avancé par cette famille pour clamer l’innocence de Lakhdar est l’analyse ADN faite par la police scientifique et qui favorise plutôt la thèse d’automutilation. «D’après les analyses faites par la police scientifique de Châteauneuf d’Alger, le sang retrouvé sur les mains du défunt et sur le couteau qui était dans sa main était son propre sang. Par ailleurs, il n’existe qu’un seul couteau dans la scène du drame que celui utilisé par le défunt et trouvé dans sa main», a-t-on argumenté. Par ailleurs, le frère de Lakhdar n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi le juge d’instruction en charge du dossier «avait refusé une reconstitution des faits sur les lieux et a rejeté la demande de la défense d’examiner l’état psychologique du défunt auprès de son médecin traitant, le neurologue Djenken». Selon notre interlocuteur, si ces deux éléments auraient été pris en considération par le tribunal, l’innocence de Lakhdar serait éclatée au grand jour.

Boualem Slimani

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