Afin d’alléger le boulet traînant au pied de la sécurité sociale, qui annuellement enregistre des factures salées en matière de remboursement des médicaments, le département de Tayeb Louh en collaboration avec celui de la santé et du commerce, a décidé de réajuster le système. Dans un mois, au maximum avant la fin du premier trimestre 2003, des changements seront apportés à ce dernier. Il s’agit de la révision des marges bénéficiaires sur le médicament et l’introduction des tarifs de référence ou autrement dit le forfaitaire qui servira de base pour la prise en charge du remboursement du médicament. En termes plus clairs, la limite des frais pris en charge par la sécurité sociale sur les remboursements. Sur les 1073 inscrits dans la nomenclature des médicaments remboursables, ayant la même dénomination commune internationale (DCI), 116 représentant pas moins de 928 marques commercialisées sous formes et quantités différentes,soit 10 % du nombre global, auront à partir de janvier 2006 un tarif de référence. Pour le reste des médicaments, l’opération se poursuivra graduellement, dira Tayeb Louh, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, intervenu hier au niveau de son département à l’issu de la journée d’étude organisée sous le thème en question. Ce dernier a fait savoir que ce processus permettra à la sécurité sociale de récupérer pas moins de 4 à 5 milliards de dinars, constituant un manque à gagner accusé par l’ancien système de rembourssement. En présence de Amar Tou et d’El Hachemi Djaaboub, respectivement ministre de la Santé et ministre du Commerce, des responsables de la sécurité sociale, de la pharmacie centrale, de l’UGTA et de différents syndicats de la santé, Tayeb Louh a souligné “que les dépenses consacrées au remboursement des médicaments dépassent de loin les revenues des caisses de la sécurité sociale. Pis encore, elles sont en accroissement permanant de 20 % annuellement. Un taux très élevé comparativement à ce qui est enregistré de par le monde où le volume des dépenses ne dépasse pas 5 à 6%.”
Louh met en garde ses agents contre l’escroquerieToujours en termes de chiffres, le premier responsable du secteur a indiqué que les dépenses liées au remboursement ont été évaluées durant l’exercice 2004 à 41,5 milliards de dinars contre 19 milliards de DA dégagés en 2003. Le remboursement des médicaments se taille la part du lion du budget alloué à la santé, déplore l’orateur. Selon lui, tous les acteurs, en commençant par les industriels, les médecins et enfin le citoyen doivent s’impliquer davantage dans ce processus. Les industriels du médicament sont, en vertu de la loi, sommés de mentionner sur chaque boite d’unité produite, le prix de référence en plus du tarif public sans oublier l’étiquetage indiquant l’accessibilité ou non au remboursement, faute de quoi ils seront passibles de sanctions, précisera de surcroît le ministre. Les responsables d’agences d’assurances sont également avertis et mis en garde quant aux éventuelles malversations. « Gare aux escrocs ! », menaça-t-il. Parmi les objectifs assignés à cette procédure, booster l’utilisation du générique qui se fait très timidement dans notre pays, par rapport aux pays développés. Preuve à l’appui, Louh a fait savoir que le taux de pénétration du générique au Etats-Unis, en Allemagne et en Grande Bretagne est respectivement de l’ordre de 55%, 70% et 45%. Alors qu’en Algérie, ce dernier ne dépasse pas les 15%. A la question de savoir quel serait l’impact de l’instauration du tarif de référence sur les médicaments, Louh a souligné que “son instauration ne peut qu’être que positive le fonctionnement de la sécurité sociale que pour la régulation du marché des médicaments”. Quant à la révision de la marge bénéficiaire, le ministre a assuré que “cette décision n’influera guère sur le prix public du médicament”. Ceci -dit “il n’ y aura pas de hausse des prix. La gratuité des soins est également maintenue”, conclu l’orateur.
Wassila Ould Hamouda
