La localité d’Ighil Ali était connue, autrefois, pour l’irréprochable qualité gustative de sa figue. La culture des figues occupait une place de choix, dans les activités champêtres des habitants. Plantés sur les flancs des pitons, qui essaiment cette localité les figuiers donnaient les meilleures récoltes de la région d’Ath Abbas, grâce à l’air pur et la qualité du sol dans lequel ces arbres fruitiers poussent, en donnant des fruits charnus et juteux. La figue était le dessert des pauvres, durant ce passé glorieux. Tout le monde en mangeait à satiété car toutes les familles possédaient des figueries dans la cour de leurs maisons ou dans les champs, où elles étaient «choyées» et travaillées le long de l’année. Aujourd’hui, les choses ont carrément changé et cette filière se trouve livrée à son triste sort. Dans les champs, il ne subsiste, actuellement, que quelques figuiers périclitant, brisés et poussiéreux, signes de négligence et d’abandon! A présent, ces arbres fruitiers, qui constituaient une manne pour les anciens habitants de la région d’Ighil Ali, n’ont plus la «cote» d’avant. Les habitants ne plantent plus de figuiers et ne régénèrent même pas les quelques figueries «rescapées»! Néanmoins, dans quelques villages lointains de la commune d’Ighil Ali, la culture des figues semble renaître de ses cendres. Au village Tiniri, la figue garde toujours ses lettres de noblesse. Quelques habitants n’ont pas oublié cette «tradition» agricole, héritée de père en fils. Un citoyen de ce village possédant plusieurs figuiers, vend ce fruit, au marché hebdomadaire d’Ighil Ali, à150 da/kg. Paradoxalement, ce prix exorbitant n’a pas dissuadé les clients d’en acheter, car, en plus d’être volumineuse, la figue vendue est d’une excellente qualité. «Cette figue est cueillie au village Tiniri !», nous dira ce vendeur.
Syphax. Y
