Tazmalt : Les personnes à besoins spécifiques face aux difficulté du quotidien – Des accès aux lieux publics font défaut

Les personnes à besoins spécifiques sont confrontées, chaque jour, à un problème lancinant, qui leur rend la vie difficile. En effet, ces personnes souffrant d’un handicap physique et qui sont clouées sur les chaises roulantes ou se déplaçant avec des béquilles, trouvent toutes les peines du monde à accéder aux lieux publics, qui ne sont, malheureusement, pas aménagés de sorte à ce qu’ils leur soient accessibles. C’est cette situation amère que déplorent les handicapés et autres myopathes de la Daïra de Tazmalt pour ne citer que cette localité. «C’est vraiment désolant et révoltant que de constater qu’en 2014, l’accès aux lieux publics est impossible  pour les handicapés, sans l’aide, bien entendu, d’une tierce personne!» fulmine Nora Abderrahmani, Présidente de l’association des myopathes de la wilaya de Béjaïa, dont le siège est basé à la ville de Tazmalt. Notre interlocutrice qui trouve que ce problème « est crucial», n’a pas cessé d’attirer l’attention des pouvoirs publics à ce sujet, afin de trouver la solution idoine qui est d’une extrême urgence. «Nous demandons l’aménagement des accès pour handicapés vers les lieux publics, comme les agences postales, les écoles, les APC, les Daïras, les banques, etc. Pour nous faciliter la tache, nous sommes fatigués d’être portés ou assistés à chaque fois devant les escaliers ou sur les trottoirs par d’autres personnes! Nous voulons plus d’autonomie! » Tonne Melle Abderrahmani du haut de sa chaise roulante! Dans le même sillage, notre vis-à-vis n’est pas contente de tout des conditions de scolarité des élèves myopathes et des handicapés physiques, lesquels doivent lutter chaque jour pour accéder aux établissements scolaires qui ne disposent pas, eux non plus, d’accès réservés à cette frange de la société.  » Nous avons, en tout, 100 myopathes qui sont scolarisés au niveau de la wilaya de Béjaïa, et tous souffrent dans leurs établissements, car l’accessibilité pour eux n’existe pas. Pour accéder aux classes ou monter dans un bus, ils doivent être portés par de tierces personnes.  » constate amèrement la présidente des myopathes. Sur un autre registre, Melle Abderrahmani regrette le fait que la nouvelle revalorisation de la pension pour handicapés ne soit pas encore mise en application. Et à un myopathe rencontré au siège de l’association de renchérir: «Cette augmentation est insignifiante. Il y a des pères de familles myopathes, comment voulez-vous qu’ils vivent avec une telle pension de misère? » s’interroge-t-il. Ce jeune myopathe déplore, dans la foulée, la cherté des pièces de rechange des chaises roulantes électriques notamment et surtout leur rareté  tout en lançant un appel aux responsables en charge de ce dossier pour « mettre à notre disposition les moyens adéquats pour avoir facilement ces pièces! » conclut-il. Ces appels de détresse seront-ils entendus par les pouvoirs publics pour atténuer un tant soit peu la souffrance de ces « damnés » de la société?

Syphax Y.