Au-delà de la logique profane

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Par Anouar Rouchi

– Bonjour Monsieur Belkhadem. Je vous remercie de m’avoir accordé cet entretien.- Ne me remerciez donc pas, Si Djamel. Sachez que je suis un fervent lecteur du “Midi à 14 heures” et que j’apprécie tout particulièrement vos chroniques. En fait, j’adore la satire et l’humour caustique, quand bien-même j’en suis parfois l’objet. – C’est tout à votre honneur, Monsieur Belkhadem. D’autant plus que vos dehors austères ne laissent rien deviner de cette remarquable ouverture d’esprit. C’est dire qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. D’ailleurs, je comptais vous le dire d’une certaine manière. En effet, contrairement à l’image que vous renvoyez, vous n’avez rien d’un oiseau de mauvais augure…- Je vous remercie mais je ne comprends pas ce qui me vaut votre mansuétude d’habitude si rare…- Eh bien, c’est simple. Si l’on considère l’épisode de la maladie du président de la République, par exemple, force est de reconnaître que vous êtes régulièrement intervenu pour annoncer de bonnes nouvelles. D’ailleurs, avec un certain aplomb, anonyme de courage dans le cas qui nous intéresse. Il y a quelques jours, vous annonciez que le président de la République serait de retour au pays avant la fin de l’année. Et top ! Les services de la présidence confirment trois jours plus tard en donnant la date du 31 décembre…- C’est vrai. Et je sais que d’aucuns me reprochent ces interventions publiques. Ils ont tendance à oublier qui je suis…- C’est-à-dire ?- Ils oublient peut-être que je suis à la tête de la première force politique du pays et que je suis ministre d’Etat, “représentant personnel du président de la République”. A ce titre, il est normal que je sois le plus informé et il est tout aussi normal que je le fasse savoir.- Oui, mais ne pensez-vous pas, Monsieur Belkhadem, que le chef du gouvernement aurait quelques raisons de vous en vouloir, estimant que vous piétinez quelque peu ses plates-bandes ?- Le chef du gouvernement n’a qu’à mieux s’informer et à mieux informer. D’ailleurs… Mais bon…- Vous vouliez ajouter quelque chose…- Oh, rien. Ce n’est vraiment pas important.- Ne vouliez-vous pas ajouter, Monsieur Belkhadem, que la chefferie du gouvernement revient de droit à votre parti, l’actuel chef du gouvernement n’est pas à sa place ?- C’est vous qui le dites et je ne vous contredirai point.- Mais alors, pourquoi vous laissez-vous faire ?- Ne croyez surtout pas cela. La politique est une gymnastique complexe qui échappe à la logique profane.- Vous ne comptez donc rien entreprendre pour déloger M. Ouyahia du Palais du gouvernement ?- Moi ? Non ! Mais les événements, eux, peuvent conduire à toutes les situations.- En fait, si l’actuel chef du gouvernement est appelé à d’autres fonctions, vous vous en lavez les mains…- Vous avez tout compris.

A. R.

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