Région montagneuse par excellence au relief accidenté, la commune de Béni Djellil dans la wilaya de Béjaïa a pour seule économie les activités agricoles.
Comme toutes les régions de Kabylie, la culture qui s’adapte le plus dans la commune de Beni Djellil reste l’arboriculture avec prédominance de l’olivier et du figuier, deux arbres fétiches donnant des produits agricoles du terroir très vénérés par les populations locales qui leurs consacrent des fêtes symbolisant leur adulation. La commune de Béni Djellil ne déroge pas à cette règle puisque elle organise pour la troisième fois la Fête de la figue et des autres produits agricoles, fête qui a tendance à devenir une tradition et ce, les 23 et 24 du mois d’octobre. Pour en savoir plus, nous avons consulté M. Sébaâ Mohand Said, vice président d’APC qui nous a donné de plus amples informations. «Nous organisons pour la troisième fois la Fête de la figue pour faire connaître les produits du terroir de la région et aider par la même les agriculteurs à écouler leurs productions. La foire aura lieu les 23 et 24 de ce mois au village Thala Mouméne, dans une vaste cour capable de contenir les 63 stands qui sont prévus et où divers produits agricoles du terroir seront exposés, parmi eux la reine figue, le miel, l’huile d’olive, l’olive de table… Beaucoup de visiteurs sont attendus eu égard aux manifestions précédentes qui ont drainé un monde fou. Et ce n’est pas fortuit ces rushs qui arrivent de partout. Seulement, ils jugent que notre délicieuse figue est la meilleure sur le plan qualité/prix. Cette année, la production a doublé atteignant les 500 quintaux produits par les 2000 figuiers étagés sur une superficie de 200 ha» a expliqué en détail notre interlocuteur. Parlant des invités de marques qui rehausseront de leur présence cette manifestation agricole, notre interlocuteur dira : «Presque toutes les autorités de la wilaya de Béjaïa sont invitées, à commencer par le wali et les directeurs centraux, l’APW, l’APN, tous les présidents d’APC, la DSA, la chambre de l’agriculture. La liste est loin d’être exhaustive». Nos ancêtres, malgré le relief accidenté du territoire et la parcellisation des terres, ont intelligemment su tirer l’ensemble de leur alimentation de la terre en utilisant tous les atouts. Les terrains accidentés sont réservés pour l’aboriculture, les parcelles près des sources pour les cultures maraichères, les plaines pour les céréales, quant aux terres improductives, elles sont laissées en garrigues, maquis et pinèdes pour tirer bois de chauffage et poutres. Chaque famille possédait son cheptel. Les bœufs pour les labours, les ovins pour la viande et la laine pour la fabrication des burnous et des couvertures, et les caprins pour le lait, les outres et même des lanières pour la fabrication de cordes. Certains produits sont conservés pour être consommés tout au long de l’année. La viande, la tomate, l’oignon, la figue et l’olive noire sont laissés au soleil pour être séchés et ensuite conservés dans des jarres (akoufi). L’huile d’olive est conservée dans un grand récipient en terre (achvayli). L’apparition des moyens de réfrigération et des serres agricoles où sont cultivées les cultures maraichères hors saison ont fait oublier à la génération actuelle toutes ces techniques. Nous assistons même à la disparition de certains métiers artisanaux traditionnels comme le métier à tisser, la forge, le balai fait sur la base du dattier sauvage (iguezdam), etc.
L.Beddar

