L’approche par compétence démystifiée

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En présence du secrétaire général de la daïra de Maâtkas et des responsables de l’INSIM (institut international de management de Tizi Ouzou), le consultant international et formateur des formateurs, M. Hamid Guenaoui, s’est attelé à démystifier, samedi dernier, l’approche par compétence dans la salle de conférences de la maison de jeunes de Maâtkas. Devant une assistance attentive mais, hélas, peu nombreuse, le conférencier n’a, en effet, ménagé aucun effort pour expliquer ce qu’est l’approche par compétence, son historique, ses caractéristiques, sa portée,… et n’a pas omis la comparer à l’ancienne méthode d’enseignement et d’apprentissage d’usage dans notre système éducatif et universitaire depuis l’indépendance. M. Guenaoui dira d’emblée : «aujourd’hui, l’approche par compétence est à la mode, elle est sur toutes les lèvres, mais, hélas, les premiers concernés, à savoir les enseignants et les formateurs, ne la maîtrisent pas encore. Cette nouvelle méthode de travail a été imposée par les changements qu’a connus le monde. La mondialisation, le progrès technologique, les mues sociales et les nouvelles générations font que l’enseignement magistral soit dépassé et inefficace». Et d’ajouter dans sa lancée : «une sérieuse étude à montrer que 50% des étudiants Américains préfèrent perdre leurs portefeuilles que leurs smart phones. Aujourd’hui, les élèves font plusieurs choses simultanément : ils conduisent, ils écoutent de la musique et ils téléphonent. Va-t-on alors leur imposer la méthode classique ? Une méthode, où l’élève est statique et relégué au second plan. Une méthode, où l’enseignant est le seul détendeur du savoir. L’élève devient photocopieur à qui l’on demandera lors des évaluations de restituer les photocopies. S’il obtient 10/20, il passe au niveau supérieur ou obtient son diplôme. Les questions qui s’imposent sont celles-ci : va-t-on monter avec un pilote qui ne maîtrise son avion qu’à moitié ? Va-t-on se faire opérer par un chirurgien qui n’a que 50% des compétences exigés ? Voilà toute la preuve qui montre les limites de l’ancienne méthode. Le voyageur ou le malade doivent être pris en charge par un professionnel qui maîtrise à plus de 75, 80 ou même à 100% son sujet», conclura-t-il. Le conférencier s’attellera, ensuite, à expliquer qu’il faut développer des compétences chez l’apprenant au lieu de lui transmettre des connaissances. Le formateur donnera, par la suite, les définitions juridique, économique et éducative de l’approche par compétence. Une compétence peut être définie comme une capacité d’agir efficacement dans un type défini de situations. Il reconnaîtra, aussi, que cette nouvelle méthode ne vient pas éradiquer l’ancienne, mais, au contraire, elle vient pour la compléter et combler ses lacunes. A titre d’exemples : toutes les jeunes filles connaissent la recette du couscous. Mais côté pratique, beaucoup d’entre elles ne peuvent pas préparer un couscous qui sera consommé et apprécié par le consommateur. C’est justement là que l’approche par compétence intervient, il faut connaître la recette et surtout mettre la main à la semoule, à la marmite et savoir préparer un bon couscous. La nouvelle méthode consiste à rendre capable l’apprenant d’accomplir une tâche bien définie dans une situation réelle. Il ne sert à rien d’apprendre les intégrales, si on ne sait pas à quoi elles servent. Pour terminer, le conférencier citera les caractéristiques de l’apprentissage traditionnel et fera ressortir, ensuite, les atouts de la nouvelle Méthode. En fin de conférence, un débat autour de la nouvelle méthode s’est engagé avec les présents, M. Guenaoui a, bien entendu, répondu à toutes les questions et a élucidé toutes les zones d’ombre avec tact. Il a tout simplement démystifié l’approche par compétence dans les esprits des présents.

Hocine T

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