Une quarantaine d’orateurs se sont succédé, avant-hier, pour présenter, devant le P/APW et le wali, en session ordinaire, un constat alarmant de la situation régnant dans chaque secteur.
Les interventions étaient tellement longues que plus d’une fois, les deux responsables qui coprésidaient la séance ont dû intervenir pour inviter à aller droit à l’essentiel. Commencés à 9h30, les travaux n’étaient pas encore achevés à 14h. Une élue membre de l’APW a même eu un malaise. Cet incident a conduit à interrompre la séance. De son côté un membre de la commission, abondant dans le sens du wali et du président de l’Assemblée, tout en soulignant les prérogatives des élus de cette institution populaire, a demandé que l’on permette de saisir par courrier les autorités concernées sur les questions de moindre importance, afin de gagner du temps, ce qui ne manqua pas de provoquer les critiques des intervenants. Parmi les points soulevés par ces derniers, il fut question de la situation régnant à Taghdit et Zbara où les citoyens n’ont de l’eau qu’une seule fois par semaine. Un intervenant parlera de Bordj Khriss centre, où 166 foyers attendent toujours d’être raccordés au gaz de ville. L’on indiquera également que l’état de choses dans les hôpitaux laisse fortement à désirer, notamment sur le plan sécuritaire. On rappellera à titre d’exemple ce qui s’était passé une nuit, lors d’une visite inopinée d’un membre de l’APW à l’hôpital Mohamed Boudiaf, où les deux médecins de gardes, deux femmes, s’étaient fait copieusement insulter et menacer par trois énergumènes qui accompagnaient un malade, obligeant les deux docteurs à interrompre leur travail pendant deux heures. Un troisième intervenant dénoncera lui le déficit en spécialistes à l’hôpital d’Aïn Bessem et à Sour El Ghozlane, alors qu’il y a abondance de ces médecins à Bouira et Lakhdaria. Il demandera, par conséquent, une plus juste répartition des personnels à travers les établissements hospitaliers. Les rentrées : scolaire et universitaire, l’agriculture et la fièvre aphteuse figuraient également au menu de cette 3ème session ordinaire. Celle-ci fut l’occasion pour les orateurs de tous bords de souligner les insuffisances et les dysfonctionnements qui prévalent dans différents secteurs. La réhabilitation de 506 classes pour une enveloppe estimée à 45 milliards de centimes en a irrité plus d’un élu, les chantiers n’ayant été lancés qu’à la rentrée, alors ils auraient pu être achevés pendant l’été. Un intervenant, cependant, se démarquant de tous les autres soulignera lui des progrès réalisés dans le secteur de l’enseignement supérieur, puisque, dira-t-il, grâce aux efforts continus de l’Etat, le nombre des étudiants est passé à 18 000 aujourd’hui. Le même intervenant affirmera également que les réparations des équipements, comme les chaudières dont les pannes sont souvent dues à des bricoles, peuvent être faites sur le champ, au lieu d’attendre un an, comme c’est souvent le cas. Cible de feux croisés de plusieurs intervenants, l’amélioration urbaine, qui a mobilisé une importante cagnotte estimé à 40 milliards, serait un échec si l’on en croit certains élus. A titre illustratif, l’on donnera l’exemple de la daïra de Lakhdaria où le boulevard réaménagé à grands frais (29 milliards), il y a trois ans, est retombé dans son état initial. Un intervenant a soulevé pour sa part le problème lié à l’achat du clore pour les piscines et qui a nécessité une enveloppe de 100 millions. Un autre dira par ailleurs que faute de ce corps simple, la piscine de Aïn Bessem, inaugurée le 5 juillet, a été obligée de fermer ? On parla aussi de ces 3000 élèves de Sidi Yahia alimentés en eau citerne, ces 600 collégiens du même lieu qui réclament un bus pour le transport, alors que la DAL reçoit chaque année 300 millions au titre du transport… Le wali, répondant aux différentes interventions, a justifié les travaux de réhabilitation des dites salles de classe lancés à la rentrée par le fait que les entreprises manquent et a affirmé qu’il a fallu faire appel à d’autres hors de la wilaya, en l’occurrence de Sétif. Pour la Sonelgaz, objet de nombreuses attaques pour les lenteurs constatées dans les branchements d’électricité ou de gaz, il a fait savoir que la faute incombait aux entreprises privées qui, quand elles ne sont pas absentes, elles exigent le double, parfois plus, de ce qui est dû. A propos de l’éducation, il a répondu aux incriminations, lançant à l’assemblée : « nous avons 50 lycées, 430 cantines, 121 CEM. Le Président défunt Houari Boumédiène s’était fixé pour objectif de construire un CEM par commune. Le nôtre actuellement est d’avoir un lycée au niveau de chaque commune ». Le wali a ainsi répondu à toutes les interrogations, tentant de montrer que tout n’est pas aussi noir dans la gestion de la wilaya et que le cap mis sur le développement est le bon. Il abordera beaucoup de sujets, tels le livre scolaire, le gaz, l’électricité l’AEP, l’amélioration urbaine, les hôpitaux, les routes et d’autres. Ne niant pas quelques insuffisances, il n’a pas moins souligné les bons résultats des efforts déployés dans les différents secteurs de l’économie locale.
Aziz Bey

