Des centaines de rappelés du service national de la wilaya de Tizi-Ouzou, mobilisés du 1995 à 1999, ont battu le pavé, hier, de la place de l’olivier vers la cité administrative de la wilaya pour exiger la satisfaction pleine et entière de leurs revendications qu’ils jugent «légitimes, cernées dans une plate-forme de onze ponts, adressée aux plus hautes autorités du pays», lit-on dans le document qui nous a été remis par Mohamed Saidoun, président de l’association des rappelés du service national de la wilaya de Tizi-Ouzou (MOB1995/1999).
Aux protestataires se sont joints des représentants des rappelés du service national d’autres wilayas du pays à l’instar d’El Oued, Médéa, Constantine, Skikda, Khenchela et Ain Defla, Biskra, Djidjel, Boumérdes, Tipaza, Sétif…etc. Selon le pr ésident de l’association, une délégation de cinq personnes a été reçue par le chef du secteur militaire de la wilaya. «Il nous a bien reçu et nous avons exposé nos doléances, nous avons demandé des éclaircissements par rapport au communiqué diffusé par le ministère de la défense nationale (MDN) en date du 4 septembre 2014 suite à cela, il nous a affirmé que notre cas a été bien pris en considération par les plus hautes autorités militaires à leur tête le vice ministre de la Défense, il nous a également affirmé que tous les rappelés seront traités sur le même pied d’égalité. Certes, il y a des cas de blessés et de malades qui seront pris en charge d’une autre manière mais pour l’ensemble des rappelés. Il nous a fait lecture de la directive diffusée par le ministère qui stipule que tous les r appelés doivent avoir un minimum. Nous supposons que ce minimum satisfera un tant soit peu les r appelés». Les protestatair es demandent à ce que les autorités civiles examinent leur cas car «nous avons répondu à l’appel de la patrie» dira Saidoun ajoutant que «la présidence de la république doit se pencher sérieusement sur notre cas à travers la loi sur la réconciliation nationale et à travers les lois élaborées spécialement pour la décennie noire. Ils doivent nous inclure dans ces lois par des réparations morales et matérielles à l’endroit des hommes qui ont sacrifié une partie de leur vie à la patrie et n’ont même pas eu droit à un travail ou à une quelconque indemnisation. Ce ne sera que justice rendue par les autorités pour cette frange qui s’est sacrifiée pour la patrie…» Les protestatair es finiront leur marche à la cité administrative où ils ont demandé à être reçus par le premier responsable de la wilaya pour, nous dira Saidoun «Nous allons nous enquérir de l’agrément de notre association qui tarde à venir. Nous avons déposé un dossier d’agrément au niveau de la wilaya et nous n’avons même par reçu de récépissé on veut avoir des éclaircissement Dans une déclar ation qu’ils ont rendue public, l’association des rappelés du service national de la wilaya de Tizi-Ouzou revient sur «le contexte dans lequel s’est opéré l’ordre de mobilisation pour plusieurs classes de réservistes du ser vice national. Apr ès trois années de lutte implacable menée par les forces de sécurité contre le terrorisme aveugle, dur ant lesquelles sont enregistrées beaucoup de pertes en vies humaines, civiles et militaires, il a été fait appel à plusieurs classes qui, pour la plupart, ont déjà vu leur durée de service prolongée de quatre à six mois de plus, ce qui leur a permis d’acquér ir par-dessus tout une cer taine expérience sur le terrain…» Les rappelés exigent «une réponse claire et sans ambages et non des communiqués laconiques qui laissent perplexes !» Ils dénoncent également l’attitude des pouvoirs publics et de l’administration en «général» écr ivent les r édacteur s du document à l’égard de cette frange, attitude qui est «à la limite du mépris».
Karima Talis

