Dans la rubrique des projets qui ne servent absolument à rien et qui «engloutissent» l’argent public, le centre sportif de proximité (CSP) de la commune de Zbarbar, située à plus de 70 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Bouira, tient une place de choix. Pourquoi ? Tout simplement du fait de son emplacement. Il est situé à plus de 15 kilomètres du chef-lieu communal, tout en haut, au sommet d’une colline ! En voiture déjà il faut une bonne vingtaine de minutes pour y parvenir, alors, à pied, il faudrait compter au moins une heure et demi de marche et des poumons en acier pour tenir le coup. Bref, une aberration sans nom. D’ailleurs, certains responsables de la Direction des Sports de Bouira n’ont pas hésité à remettre en cause l’emplacement de cet établissement, et par ricochet les décisions prises par les anciens responsables du secteur. «Franchement, j’ai honte ! Pour présenter une telle infrastructure au wali, il faut avoir un sacré culot», dira un responsable de la Direction des Sports, lors de l’induration de ce CSP. Même le premier magistrat de la wilaya a «tiqué» quand il s’est retrouvé face à ce centre perché à plus de 900 mètres d’altitude. La gêne se lisait sur son visage, tout comme sur ceux de la délégation qui l’accompagnait. En tout état de cause, ce CSP n’accueillera pas grand monde, sauf les éléments de l’ANP, possédant une caserne juste à proximité. D’ailleurs, certains villageois, interrogés à propos de ce centre sportif, ont clairement dit qu’il a été prévu pour les militaires et non pour les habitants. «J’y suis monté une fois, juste après son inauguration, et, depuis, j’ai juré de ne plus y remettre les pieds. Il est trop loin !
C’est un centre qui a été pensé pour les militaires. J’ai passé mon service militaire dans une zone où il n’y avait absolument rien, et je peux vous dire que ce n’était pas la joie. Tant mieux pour eux, mais qu’on ne dise pas que c’est pour les jeunes de Zbarbar, car personne n’y mettra les pieds», dira Madjid, un jeune chômeur de son état. A titre indicatif, ce CSP a coûté la bagatelle de 60 millions de dinars.
R.B.
