Aigle Azur présente son nouveau plan

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Prises dans le tourbillon qui affecte l’Europe en pleine crise financière, particulièrement la France, plusieurs compagnies aériennes sont en train de subir de plein fouet la situation peu reluisante pour fructifier les affaires. Air France et Aigle azur, pour ne citer que ces deux entités les plus présentes dans le paysage aérien algérien, n’ont pas été épargnées comme le suggèrent tous ces « plans de retour à l’équilibre» mis en avant. C’est le cas de la compagnie Aigle Azur qui par la voix de son Président-Directeur Général, Cédric Pastour, fait état «d’un plan mis en place qui s’inscrit dans la suite des résultats récemment annoncés (par la compagnie) pour l’exercice clos au 31 mars 2014 avec un chiffre d’affaires de 327 millions d’euros». En fait, le chiffre d’affaires enregistré par la compagnie Aigle Azur cette année est en baisse de 2,9% par rapport à l’exercice 2012/2013 même si la compagnie a toutefois réduit ses pertes de plus de 2 millions, pour un résultat à 7,6 millions d’euros. En somme, un manque à gagner conséquent malgré cette amélioration enregistrée dans le nombre de passagers transportés qui a atteint les 1 967 000 personnes, soit une augmentation de 3,5% par rapport à l’année dernière. La compagnie se targue aussi d’avoir enregistré une progression de son coefficient d’occupation moyen, soit 69,1% pour l’exercice 2013/14 comparé à 65,4% l’année précédente. Sauf que cela ne semble pas suffire à Aigle Azur pour maintenir son «équilibre». Et le constat de son P-DG, Cédric Pastour, semble tranché : «Aucune compagnie aérienne ne peut aujourd’hui échapper à l’impérieuse nécessité de se transformer afin de trouver des gains de productivité pour faire face à une concurrence, de plus en plus agressive. S’agissant d’Aigle Azur, la grande majorité des salariés est pleinement consciente de la nécessité de s’adapter. Notre compagnie doit impérativement poursuivre la transformation de son activité moyen-courrier et réduire sa structure de coûts». La nouvelle direction de la compagnie se fixe l’échéance de mars 2016 pour concrétiser ses objectifs. Et pour ce faire, la première mesure a été «d’interrompre les opérations sur l’axe Paris-Moscou» depuis le 26 octobre dernier. Une décision justifiée par la baisse de la rentabilité de la ligne touchée de plein fouet par la crise ukrainienne. La compagnie a également revu entièrement son programme de vol afin d’augmenter significativement le nombre d’heures de vol par avion, dès avril 2015. S’agissant plus spécifiquement de la liaison Paris-Pékin reportée au 1er trimestre 2015, dans une communication précédente, Cédric Pastour souligne que «la signature d’un nouvel accord collectif avec les pilotes de la compagnie est actuellement un préalable indispensable au développement de l’activité long-courrier». Il rappelle par ailleurs que «les conditions de lancement d’une telle liaison sont loin d’être réunies». «La situation est à ce jour totalement bloquée en ce qui concerne la possibilité de survoler la Sibérie. Aigle Azur ne peut plus être dépendante d’une hypothétique autorisation du survol de la Russie dans un contexte de relations bilatérales tendues». Pour Aigle Azur, l’axe France-Chine passera donc, d’abord, par «un accord négocié entre la France et la Russie, avant de pouvoir être de nouveau envisagé». En attendant, la compagnie travaille actuellement, selon son premier responsable, sur «un autre projet de redéploiement de son activité long-courrier qui pourrait être annoncé mi 2015 et qui mettrait en avant des destinations africaines avec comme première destination Bamako, exploitée par la compagnie depuis 2007». Pour sa part, Air France, qui fait face à des grognes internes de son personnel, synonyme d’un malaise qui s’affirme plus ouvertement ces dernières années à travers notamment les débrayages entrepris par les salariés de la compagnie, vient aussi d’actionner son plan de réorganisation. Du moins en ce qui concerne la partie France – Algérie. C’est ainsi qu’il semblerait que la rotation Marseille – Alger serait reléguée à une «offre saisonnière». En d’autres termes, qu’elle n’exploitera qu’en période de vacances avec des tarifs généralement non soumis à aucune promotion. Ce qui n’est pas le cas en dehors du programme été où toutes les compagnies tentent de séduire avec différentes formules promotionnelles.

D. C

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