Doucement mais sûrement

Partager

Longtemps abandonnée par ses populations pendant les années noires du terrorisme, la commune de Ridane commence à retrouver une nouvelle vie avec le retour de la sécurité et l'intervention des secteurs d'activités de l'État dans l'action de développement.

Située à quelque 70 km au sud-ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, elle comprend plusieurs bourgades et localités, dont certaines sont situées à la lisière de la wilaya de Médéa. S’hari, Lachbor, El Hamra, Ouled Ali, Ouled Gamra, renouent peu à peu avec la vie « normale », même si les habitants, au nombre de 6 000 à l’échelle de la commune, revendiquent un autre destin qui les ferait accéder aux commodités dont jouissent les communes ou villages voisins. Ces commodités sont surtout l’eau potable et le gaz de ville. Les foyers souffrent de la sécheresse qui sévit depuis le mois de mai passé. Le niveau des puits a dangereusement baissé. Des enfants transportent des jerricanes sur 4 à 5 km pour approvisionner leurs maisons. Il est vrai que, depuis trois ans, un bel élément de décor orne la région par son lac bleu. Il s’agit de la retenue collinaire de Medjet Lakouass réalisée par la direction de l’hydraulique, avec un financement puisé sur le programme des Hauts Plateaux. Cette retenue est, elle aussi, touchée par la sécheresse, puisque son niveau a considérablement baissé. Sa réserve sert principalement à l’irrigation des plantations fruitières situées en aval de la digue. Ce sont des plantations réalisées dans le cadre du FNRDA, du PER2 et des PPDRI, constituée d’oliviers, abricotiers, amandiers, poiriers et pommiers. C’est là une évolution notable dans le système de production de la région, jadis dominé par la seule céréaliculture. En matière d’infrastructures de dessertes, beaucoup d’efforts ont été fournis par les pouvoirs publics à travers plusieurs programmes (PCD, PSD). Les routes goudronnées sont dans un état acceptable. Des pistes traversent la plupart des terrains agricoles, même si les fellahs en demandent encore, principalement pour la partie proche de la commune de Dechmia. Pour plusieurs de ses services, la commune de Ridane dépend encore des communes voisines. Approvisionnements en denrée alimentaires, collège, lycée,…etc. Le centre de santé assure le minimum vital, c’est-à-dire très peu de prestations par rapport aux besoins de la population, sachant que l’hôpital le plus proche, à savoir celui de Sour El Ghozlane, est à une quarantaine de kilomètres. Un vieil homme nous révèle un paradoxe qui affecte la propriété foncière ici, à Ridane, en nous apprenant que la plupart de ceux qui habitent la commune toute l’année n’ont pas de propriété; la majorité des terres, qui s’étalent à perte de vue, reviennent à des gens qui se sont « expatriés », résidant à Alger ou à Sour El Ghozlane. Il est vrai que certains ménages sont revenus au bercail; mais la situation n’en demeure pas moins « anormale » aux yeux de notre interlocuteur. Il semble que le seul programme qui ait réussi ici, c’est celui de l’habitat rural qui a pu réduire considérablement l’habitat précaire constitué de maisons en toub à toiture de diss. Cette nouvelle forme de « sédentarisation » a permis de développer des activités d’élevage ovin, caprin et surtout avicole. « Mais, pour réduire le chômage massif, l’État doit intervenir d’une façon offensive pour attirer et faciliter les investissements. Actuellement, il n’y a aucune unité de production dans notre région. Les investisseurs préfèrent les commodités offertes par la grande route nationale (RN 8) au niveau de la commune de Dirah. D’ailleurs, une nouvelle zone d’activités vient d’y être créée », nous apprend ce fonctionnaire quinquagénaire apparemment bien renseigné sur l’actualité de la région.

N.M.Taous

Partager