La situation semble se compliquer au niveau de la municipalité d'Azazga. Elle a sans doute pris une autre tournure, hier, avec la démonstration populaire des quatre villages de la commune qui ont à l'occasion réaffirmé leur détermination à aller jusqu'au bout de leur revendication, à savoir le départ de l'ensemble des élus de l'APC.
C’est donc un tout autre scénario qu’est en train d’imposer la coordination des villages de la commune que celui espéré notamment, par l’administration, particulièrement après la récente sortie du wali qui a appelé à la veille de la célébration du 1er novembre, à la sagesse des uns et des autres, surtout que, selon ce dernier, le rapport rendu par la commission d’enquête dans cette affaire n’aurait rien révélé qui dicterait « une décision ni administrative, ni judiciaire ». Cette sortie du wali n’a visiblement pas eu d’écho auprès de la population d’Azazga qui a répondu, en force hier, à l’appel à une marche au chef-lieu lancé par la coordination des comités de villages. Une manifestation qui a permis ainsi aux contestataires de réaffirmer leur détermination, avec en sus l’adhésion massive des citoyens, à ne pas reculer dans cette bataille ouvertement engagée contre leurs élus siégeant à la mairie. Ils étaient pour la circonstance, largement plus d’un millier de marcheurs à scander, depuis le siège de la BADR (lieu de départ de la marche) jusqu’à la place de la mairie, des slogans tranchés et clairs, comme « La solution c’est la dissolution », « Les élus barra » (les élus dehors) ou encore « 18 mois barakat » (18 mois (c’est le temps passé par les élus à l’APC) ça suffit). La procession a longé les rues de la ville sans le moindre incident à signaler. Il n’a pas fallu beaucoup de temps, du reste, pour que les marcheurs atteignent leur point de chute, vu la distance assez courte de l’itinéraire retenu par les initiateurs de la manifestation. Sur place, c’est du haut du premier étage du nouveau siège de la mairie (mitoyen de l’actuel), encore en chantier, que les animateurs se sont adressés à la foule. Au delà du rappel des charges « retenues » par les villageois contre les élus, il a été surtout question de la lecture de la lettre ouverte (précédemment annoncée) à adresser aux ministres de l’Intérieur et de la Justice et garde des sceaux. Un courrier que la coordination des villages compte faire parvenir aux concernés par le biais d’encarts publicitaires à travers la presse nationale. Le document met particulièrement l’accent sur « la gestion catastrophique (par les élus) des biens et de la propriété de la commune et le squat à grande échelle du foncier de celle-ci (… ) par des élus et leurs proches immédiats ». Se voulant sûrs de ce qu’ils avancent, les comités des villages d’Aït Bouada, d’Azazga, de Cheurfa N’Bahloul, de Flikki et de Hendou évoquent « des faits tangibles du squat personnalisé et visible du foncier de la commune ». Ne pas réagir à un tel état de faits, selon les rédacteurs de la lettre, « ouvrirait une brèche sur le mur de clôture de la propriété et des biens de l’Etat pour un squat foncier massif des poches de sol restantes, et blanchirait et encouragerait les voleurs à poursuivre la dilapidation ». Aussi, pour bien appuyer leur position et la justesse de leur « bataille », les comités de villages n’omettent pas de mettre en exergue le ralliement « affiché publiquement » par pas moins « de treize élus sur les dix-neuf que compte l’APC ». Un élément qui « atteste (… ) que le dysfonctionnement de l’APC est établi et total. A ce titre, le dispositif du code communal, notamment l’article 46, constitue la force de la loi pour dissoudre la dite assemblée et duquel la population appelle à une application sans réserve aucune ». A noter par ailleurs l’intervention du représentant des travailleurs de la commune qui n’a pas été de main morte pour enfoncer l’exécutif décrié. « Nous sommes maintenant à deux mois, dans cette situation, et la mairie fonctionnent bien sans ces élus, sans le maire. Ce qu’on a retenu de lui (le maire) c’est juste qu’il s’est distingué à la veille de l’Aïd en se faisant accompagner d’un huissier de justice à la recette communale qu’il a mise en garde si elle venait à virer la paye des travailleurs. C’est là un geste que je ne ferais même pas à mon ennemi. Vous vous rendez compte, priver quelqu’un de la paye de sa sueur à la veille de l’Aïd… (… ) Et puis jeudi, il s’amène escorté de la police pour tenter de rentrer dans son bureau. Comme si de rien n’était. Je lui dis alors juste ceci : Si tu avais vraiment la légitimité que tu prétends, tu serais rentré sans escorte, seul et tête haute, mais… ». Le représentant des travailleurs revenait en fait à travers ses derniers propos sur cet épisode de jeudi dernier, lorsque le maire, accompagné par des éléments de la police, s’est présenté peu avant huit heures du matin, à la mairie et a tenté d’accéder à son bureau. En vain au final, face à la mobilisation des contestataires qui se sont de suite rassemblés pour faire avorter la tentative.
D. C.

