Les étudiants exclus ne décolèrent pas !

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Après avoir paralysé le campus de Targa Ouzemour, des centaines d’étudiants protestataires, dont la plupart sont des exclus, se sont dirigés vers le campus d’Aboudaou de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa où ils ont tenu un rassemblement et où une plateforme de revendications et devrait être rédigée vers la fin de la journée.

«La fermeture du campus intervient suite à la répression menée par les agents de sécurité de l’université qui nous ont interdit de tenir deux assemblées générales, la semaine passé et hier et nous ont privé de l’électricité par ordre du recteur. L’administration refuse de nous entendre, de ce fait, elle veut supprimer la liberté d’expression au sein d’une université qui est la nôtre. Autrement, le recteur n’a aucun droit d’exclure les 600 étudiants, mais devrait plutôt chercher les causes de leurs échecs et procéder à une réorientation comme l’indique l’article 33 du règlement intérieur du système LMD. Lors de l’instauration du système LMD, le recteur et l’ensemble des chefs de départements nous ont promis de laisser libre l’accès au master et qu’aucune exclusion ne sera faite, un pacte que le nouveau recteur veut briser, et ce, en employant des mesures restrictives. Nous tenons, entre autres, à dénoncer les propos du recteur qui a fait recours à la menace judiciaire», s’indigne Lyes, membre de la coordination locale des étudiants.  Il est à signaler que le rassemblement d’hier s’est tenu à l’aide d’un groupe électrogène, alors qu’il devrait avoir lieu dans la journée d’avant-hier, si ce n’était les agents de sécurité qui avaient agi par la force et interdit aux étudiants de pénétrer dans l’enceinte du campus d’Aboudaou avec un matériel de sonorisation, ce que montre d’ailleurs une vidéo qui nous a été remise. En outre, les étudiants exclus de l’université de Béjaïa dont le nombre dépasse les 600, menacent de mener d’autres actions de protestations. Ainsi, la coordination locale des étudiants a affirmé son soutien totale dans une déclaration-appel parvenue à notre rédaction et signé par plus de 10 associations et comités de cités. «La C.L.E a fait face aux intimidations et à la violence physique avant de réussir à introduire le matériel de sonorisation à l’intérieur du campus d’Aboudaou, néanmoins, l’administration n’a pas hésité à couper l’électricité. Face à cette situation notre riposte doit être à la hauteur des attaques que nous subissons, cependant, nous appelons l’ensemble de la communauté estudiantine à venir participer massivement aux rassemblements qui auront lieu, dans le but de revendiquer la réintégration des exclus, l’accès au master sans conditions et l’amélioration des conditions socio-pédagogiques», peut-on lire dans la déclaration-appel.

Hafid Nait Slimane

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