Aït-Smaïl : Le projet de raccordement lancé incessamment – Le gaz de ville pour bientôt

Ait-Smaïl, une commune située aux confins de la wilaya de Béjaïa, à la frontière avec la wilaya de Sétif, se prépare à lancer le projet de raccordement au réseau du gaz de ville. Région montagneuse par excellence où la majorité des habitations sont cantonnées entre 500 et 1100 mètres d’altitude, elle est enfouie entre deux massifs montagneux, Adrar N’fad au Nord (environ 1 650 mètres d’altitude) et Takouchth au Sud, dépassant les 1 850 mètres d’altitude. Grandement exposée aux aléas climatiques durant les saisons hivernales, et généralement enneigées, cette zone se retrouve souvent livrée à elle-même et coupée du monde. Ses habitants, au 21ème siècle et souvent aux abois durant ces périodes, demeurent vaillants, car ils ont hérité la hargne de faire face, avec beaucoup de résignation et courage, aux multiples difficultés qui jalonnent quotidiennement leur existence. Pendant les longs mois glacials de l’hiver, ils se débrouillent tant bien que mal ; ils se chauffent avec les moyens du bord : poêles à mazout, à bois et généralement à gaz. Le gaz de ville, ou, autrement, le gaz livré chez-soi et pas cher, constituerait une aubaine et une conjoncture inouïe pour cette contrée. Une opportunité qui n’a pas échappé aux citoyens présents, samedi passé au moment de visualiser le tracé du futur gazoduc, qui servirait à alimenter cette région. À « Assouel », lieu de démarcation entre les deux wilayas, Sétif et Béjaïa, les nombreuses personnes présentes en compagnie des autorités locales d’Ait-Smail ont affiché un enthousiasme démesuré pour faciliter la réalisation de ce projet. Plusieurs d’entre les présents ont proposé sans trop hésiter, leurs parcelles pour édifier la station de détente. Pour l’installation du gazoduc, la servitude est de 150 mètres, c’est-à-dire, tout terrain situé à 75 mètres de part et d’autre du gazoduc deviendra inconstructible et son propriétaire recevra une compensation. Certes, l’appât du gain que représente l’indemnité n’est pas étranger à cette atmosphère, mais l’engouement est sans précédent, car il s’agit d’abandonner son lopin, là où la terre, rare, demeure depuis toujours synonyme de survie et d’honneur ! Cette station sera alimentée à partir de Tala Ifasen, une localité de Sétif distante de 14 kilomètres de la frontière. Pour le moment, rien n’est encore acquis, car, avant tout, l’APC devra réunir les autorisations des propriétaires concernés ; et ce n’est qu’à ce moment là que l’étude pour la réalisation du projet pourrait être lancée. Même si les intentions sont bonnes, les citoyens croisent les doigts et attendent avec angoisse le résultat de cette collecte d’autorisations, car, sans cela, rien ne pourrait être envisageable. Des difficultés pourraient surgir à tout moment du fait que des récalcitrants peuvent se manifester et remettre le projet en cause ; ce qui serait une énorme perte pour tous.

Saïd M.