Les agriculteurs de la commune de Seddouk ne savent plus à quel saint se vouer pour les sauver des maraudeurs, qui pillent les olives vertes pour les revendre à ceux qui les transforment en olives de tables. C’est la panique chez les agriculteurs ! Même si certains d’entre eux surveillent leurs champs dans la journée, ils n’échappent guère aux voleurs qui opèrent même de nuit. « Déjà le fruit est chétif à cause des chaleurs estivales qui se sont prolongées jusqu’à la saison automnale. A présent, il y a une insuffisance de pluviométrie, donc le fruit ne s’en remettra pas ; il tombe d’ailleurs par terre. A cet aléa, les maraudeurs font aussi siennes en volant à visage découvert, ne craignant même pas d’être pris en flagrant délit. J’ai même surpris deux jeunes costauds dans mon champ en train de voler, et en me voyant, ils ont continué le plus normalement du monde à extraire le fruit de l’arbre sans avoir peur que je les dénonce. Il a fallu que je leurs dise : « mais qu’est ce que vous faite là ? », pour qu’ils repartent sans se donner la peine de laisser leur butin et sans presser le pas. Quand à moi, j’ai compris qu’ils sont prêts à m’agresser au cas où j’élève la voix. Ce que je me suis abstenu de faire d’ailleurs », a raconté Dda Amar. Sur les grandes routes ou les sentiers, on rencontre un jeune ou plusieurs, sacs en jute remplis d’olives vertes sur les épaules, ou poussant une brouette, se dirigeant en ville pour les revendre. Ce qui les encourage le plus à voler, c’est leur prix élevé fixé par les points de vente à 100,00 dinars le kg. « Je me demande comment ces revendeurs acceptent d’acheter des olives de petit calibre, n’ayant que la peau et le noyau, alors que l’olive de table est faite avec le fruit gros et ayant une pulpe à l’intérieur comme la Siguoise par exemple. Chez nous, la variété la plus répandue est l’Azéradj, qui est conçue uniquement pour l’extraction de l’huile d’olive », a encore ajouté notre interlocuteur. Les agriculteurs attendent vivement la noirceur du fruit pour entamer la cueillette. « Exceptionnellement, l’olive, cette année, tarde à prendre la couleur noire. Chez nous, on attend d’abord que le fruit noircisse pour entamer la cueillette. D’un côté cela arrange les familles qui préfèrent attendre les vacances d’hiver des écoliers, car ils sont d’un apport considérable dans le ramassage. La cueillette des olives nécessite beaucoup de main d’œuvre, et ce sont tous les membres de la famille qui sont mobilisés pour la circonstance », renchérit Dda Amar. Les agriculteurs constatent donc le maraudage de leurs productions d’olives sans savoir à qui s’adresser pour leur venir en aide.
L. Beddar
