Les omis dans l'expectative

Partager

Le gaz naturel communément appelé "gaz de ville&quot,; n'était disponible, il y a de cela une quinzaine d'années, que dans quelques grandes villes du pays et dans les grands centres urbains des wilayas de Tizi-Ouzou, de Bouira et de Béjaïa.

Pourtant, la Kabylie est l’une des régions du pays où cette commodité est tant demandée en raison de ses hivers rigoureux. Il faut dire que cette dernière décennie a été marquée par l’arrivée de cette commodité même dans les villages les plus reculés de ces trois wilayas. Dans la wilaya de Tizi-Ouzou, les chiffres sont éloquents à ce sujet. Des milliers de foyers ont été raccordés notamment durant le plan quinquennal ( 2009-2014). Personne ne pourra nier l’engagement des pouvoirs publics afin de relever ce défi d’atteindre le meilleur taux possible n’étaient les contraintes signalées ici et là : relief accidenté dans certaines localités et oppositions des propriétaires terriens. Justement, pour avoir une idée, sur l’avancement de cette commodité vers les villes et les villages de la wilaya, quelques chiffres sont à donner. A la fin des années 70 et plus précisément en 1969, le gaz de ville est enfin arrivé à Tizi-Ouzou et au complexe de la Sonitex de Draâ Ben Khedda. En 1999, seules sept localités ont bénéficié de cette énergie bleue. Il s’agit de Tadmait, de Draâ Ben Khedda, de Tizi-Ouzou, d’Azazga, de Fréha, de Draâ El-Mizan et de Tizi-Gheniff. La Sonelgaz a estimé alors le taux de pénétration à 9,7% pour un total de près de 22 000 abonnés. C’est entre 2004 et 2008 que la wilaya a bénéficié de plusieurs programmes, au total quatre, qui ont permis de passer à la fin de 2014 à 130 mille foyers, en attendant, vers la fin 2015, ce chiffre sera revue à la hausse pour atteindre près de 166 mille foyers qui donnera un taux de 55% pour passer ensuite, avec le lancement des opérations retenues et qui ont presque toutes démarré à 166 mille foyers avec un taux de 67%. Actuellement, les entreprises retenues sont toutes sur le terrain. D’Est en Ouest et du Nord au Sud de la wilaya, le gaz arrive de jour en jour dans les foyers les plus éloignés des chefs-lieux de daïras et de communes. Qui eût dit que le gaz naturel arriverait à Iferhounène, à Larba Nath Irthen ou encore dans les villages du Djurdjura à l’exemple de Mahvane, d’Assi Youcef, d’Ath Talha à Bounouh et à l’extrême sud de la wilaya à Tahachat ( M’Kira) et Ameddah (Tizi-Gheniff)?  Si jusque-là à chaque mise en service d’un projet, c’est la fête dans les foyers, il ne nous échappera pas quand même de revenir sur ces centaines de foyers oubliés ici et là et qui pénalisent de nombreux citoyens. Dans toutes les localités où les opérations ont été réceptionnées, des foyers ont été omis. « Nous avons eu plus de quarante réclamations », nous répondra le maire de Ain Zaouia. Et de préciser : « Ce sont des omis. Soit les foyers n’ont pas d’accès ou encore ils ont été carrément oubliés dans les études. C’est un grand problème. De notre côté nous avons déposé une étude à ce sujet au niveau de la DMI pour les prendre en charge dans la tranche complémentaire. Mais, pour le moment, nous n’avons rien reçu à ce sujet ». Dans la commune de M’Kira, c’est tout un hameau du village d’Imaândène qui n’est pas encore raccordé.  » Nous nous sommes rapprochés des services de l’APC. Ils ont recensé tous les cas. Il y a environ quarante foyers. Nous avons alerté la Sonelgaz et la DMI, en vain. Nous continuons toujours à recourir aux bonbonnes de gaz et au bois sec. Pourtant, le réseau est à quelques mètres de nos foyers. Tandis que pour recourir au branchement individuel, il faudra au moins une quinzaine de millions de centimes. Dans notre village, ce problème sera débattu ce week end en assemblée générale. Et à partir de là nous tracerons nos actions », nous fera savoir l’un des omis. A Frikat, c’est le même constat. « Ce sont des cas d’omission de la première tranche. Nous avons reçu les doléances de nos concitoyens à ce sujet. Un bureau d’études a été engagé et les plans ont été faits et déposés à la DMI. Vous savez, une fois que l’entreprise est partie, c’est là que commencent les problèmes », nous expliquera à ce sujet un adjoint au maire. Devant ces situations générées en dépit de leur volonté les omis attendent un geste de la DMI et de la Sonelgaz qui prendrait en charge ces situations qui leur empoisonnent leur quotidien notamment en hiver où, contrairement à leurs voisins, ils souffrent toujours du froid dans ces villages souvent enneigés une grande partie de l’hiver d’autant plus qu’ils ne sont pas en mesure de régler les frais des branchements qui leur coûtent les yeux de la tête. Qui n’a pas encore en mémoire ce rude hiver de 2012? De leur côté les responsables locaux espèrent que les plans réalisés pour tous ces cas soient pris en charge afin de permettre aux citoyens de jouir de cette commodité ô combien indispensable ou à défaut les aider financièrement à les réaliser.

Amar Ouramdane

Partager