Annoncé au début de l’année en cours à El Kseur, le projet du complexe pétrochimique dont a bénéficié le secteur de l’Energie de la wilaya de Béjaïa sera finalement réalisé dans la commune de Boudjellil (à la frontière de la wilaya de Bouira), a affirmé le wali de Béjaïa, qui a reçu, cette semaine, une délégation du ministère de l’Energie.
Ce changement de lieu d’implantation de cette plate-forme pétrochimique en a surpris plus d’un, d’autant plus que le choix de la région d’El Kseur avait eu l’assentiment des élus locaux et des cadres de Sonatrach, vu «la disponibilité foncière proposée à El Kseur (plus de 250 ha), la situation stratégique du site (à 26 km du port et de l’aéroport) et le passage dans la zone d’un pipeline et d’un gazoduc». La réalisation de ce projet structurant vise, selon des cadres de Sonatrach, «à transformer et valoriser la matière première ici en Algérie, au lieu de vendre le brut directement à l’étranger». Par ailleurs, le P/APW de Béjaïa et les parlementaires du FFS ont dénoncé leur exclusion de cette réunion par le wali. «Une délégation du ministère de l’Energie est à Béjaïa pour trancher le problème de la plate-forme pétrochimique. La délégation s’est réunie en catimini avec le wali. Les élus, y compris le P/APW, n’ont pas été associés à cette rencontre. Le wali assumera seul les conséquences des décisions qui seront prises», a déclaré le député Chafaâ Bouïche sur son compte face book. Pour sa part, le P/APW Mohamed Bettache a tiré à boulets rouges sur le premier magistrat de la wilaya, en lui imputant les causes des révoltes citoyennes que connaît la région, ces derniers jours. «Le wali de Béjaïa est le responsable de tout ces mouvements de protestation. Il prend des décisions unilatérales et promet aux citoyens des choses sans associer les élus de l’APW», a-t-il annoncé sur les ondes de la radio locale. Notons que le ministre de l’Intérieur a envoyé au courant de cette semaine, une commission à la wilaya de Béjaïa, suite aux mouvements de protestation des citoyens de la région, qui ont recouru d’une manière intempestive aux fermetures de routes. Le wali de Béjaïa avait réuni quelques maires avec les membres de la ladite commission ministérielle, mais sans associer ni le P/APW ni les députés de la région. Très critique à l’égard du wali, le chef du groupe parlementaire FFS a informé qu’il a « appelé le chef de cabinet du ministre de l’Intérieur pour le mettre en garde sur ces pratiques du wali qui pousseraient à plus de violence».
Boualem Slimani

