Choisie comme une région pilote à l’expérimentation d’un projet collectif de développement au profit des zones rurales, la commune d’Amizour devrait se transformer en un chantier à l’effet d’améliorer le cadre de vie des villageois et d’y mettre définitivement un terme au phénomène de l’exode rural. C’est l’objectif recherché par une association franco-algérienne dénommée «Algérie France, hier aujourd’hui et demain AFHAD MED FETIMA» dont le siège se trouve à Malmaison en France et qui veut être au chevet des villageois du pays, visant l’insertion professionnelle de ces populations locales dans le cadre du partenariat économique franco-algérien. Après l’aval du Premier ministre français et ancien ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, les fondateurs de l’association AFHAD FETIMA viennent donc d’adresser une correspondance au premier Ministre algérien Abdelmalek Sellal le sollicitant d’initier ces projets de développement au niveau des wilayas de la région de Kabylie, avant de prévoir son extension à d’autres régions du pays. Dans un premier temps, c’est la région d’Amizour qui est ciblée par cette initiative, où même les responsables de cette commune viennent d’être touchés par les responsables de l’association FETIMA AFHAD, et ce pour préparer le terrain à recevoir ce projet. C’est dire que les démarches sont à leur dernière phase. «Il ne reste que quelques détails pour arriver au stade de concrétisation de nos projets au niveau de plusieurs villages relevant de la commune d’Amizour» nous confie le président de la dite association joint par téléphone. Selon notre interlocuteur : «L’expérimentation sera faite sur Amizour. Nous allons créer des bibliothèques dans chaque village. L’objectif c’est d’agréer le café du village qui adhère au projet en mettant à sa disposition autant d’armoires métalliques nécessaires avec des livres (histoire, métiers, etc.») Les initiateurs envisagent en outre, et, s’appuyant sur le support bibliothèque, comme base de départ, de se lancer sur plusieurs domaines dont celui de l’agroalimentaire plus accessible à tous par des préparations de plats cuisinés et conditionnés. Il est aussi possible de toucher d’autres villages de Tizi Ouzou et Ath Laaziz de Bouira pour voir la faisabilité de création de bibliothèques pour créer des cafés littéraires. Le but, selon les responsables de l’association, est de valoriser le patrimoine local pour aboutir au développement des produits du terroir. Histoire donc de réhabiliter la culture et l’agriculture locales tout en s’appuyant sur l’expérience et le savoir-faire des populations de l’autre rive du bassin méditerranéen. Actuellement, il est question d’étudier la démarche à adopter, avec le concours des responsables locaux et du mouvement associatif local, car, pour le président AFHAD «Si, on bouge maintenant, en 5 ans, on pourra tout remettre à niveau». Un site est d’ores et déjà repéré dans le village El-Hamma à Amizour, et c’est une course contre la montre pour arriver à alphabétiser des femmes dans leur langue maternelle et avec leur alphabet avant d’aller vers des projets économiques. Cela demande sans doute des moyens financiers et l’adhésion de plusieurs partenaires, un problème qui constitue le souci des initiateurs du projet qui disent mettre les bouchées doubles en France et en Algérie ; une mission propre de l’association pour rendre le projet facile à concrétiser dans un temps record. Cet accompagnement dans le sens d’assurer une insertion professionnelle à plusieurs couches sociales des zones montagneuses fait donc partie de ces actions pouvant améliorer le cadre de vie des villageois, à les soutenir à créer leurs propres richesses, une manière à encourager le maintien des populations dans leurs villages, avec plus de moyens de base et de confort grâce à ce meilleur accès à l’enseignement et aux différentes technologies nécessaires au développement des métiers et à la commercialisation des produits de terroirs.
Nadir Touati
