à l’instar des autres villes réparties sur cent cinquante pays, Béjaïa a célébré, jeudi dernier, la Journéemondiale du diabète. La cérémonie a eu lieu au Théâtre Régional du chef-lieu.
Cette journée a été créée en 1991, par la Fédération Internationale du Diabète, en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la Sante, l’OMS. Elle coïncide avec l’anniversaire de la découverte de l’insuline en 1922. L’objectif de la célébration de cet événement est de sensibiliser les différents acteurs, malades, professionnels de la santé associations, les médias et le grand public. Cette maladie atteint de plus en plus de personnes, et l’organisation de ce genre d’événements permet de sensibiliser le grand public aux risques liés à cette maladie. C’est l’Association des diabétiques de Béjaïa, « Assirem », qui a pris en charge l’organisation de cette journée, au niveau local, en collaboration avec la Direction de la Santé Publique de la wilaya, ainsi que le CHU. Le public, venu nombreux, a été accueilli dès son arrivée par les médecins et les bénévoles de l’association. Après une allocution d’ouverture et la présentation de la journée mondiale du diabète, plusieurs médecins se sont succédé pour expliquer et sensibiliser le public aux différents aspects du diabète, tout en insistant sur l’hygiène de vie, qui demeure la meilleure prévention contre le risque du diabète, car cette maladie est sournoise, et en entraîne d’autres. Les médecins de Bougie et d’autres venus de Tizi-Ouzou se sont ainsi relayés pour expliquer comment diagnostiquer un diabète, et quels sont les risques associés à cette maladie. Dans une ambiance bon enfant, les animateurs se sont attelés, souvent avec humour, à dédramatiser cette pathologie, même si elle est sérieuse. Elle peut être prise en charge et chacun peut y faire face, pour peu que la volonté et la discipline soient au rendez-vous. Ainsi, il a été expliqué l’importance de l’organisation des temps de repas, et du respect de rendez-vous culinaires. La nature des aliments a également été exposée, insistant sur la nécessité de ne pas abuser du sucre, du sel et des matières grasses. Ainsi, un exemple a été donné concernant les habitudes alimentaires dans le monde. Les pays qui comptent le plus de diabétiques dans le monde se situent surtout dans la péninsule arabique, pays ou la consommation du sucre est très élevée. Les pays qui basent leur alimentation sur la consommation de fruits et légumes voient leur taux de diabétique se stabiliser à un niveau très bas. En Algérie, le repas modèle culinaire idéal pourrait être résumé dans le plat national qui est le couscous. L’intérêt de ce plat, pris modérément, réside dans ses composants, issus de la terre. Comme la semoule et les légumes. La viande qui accompagne ce plat devra nécessairement éviter la graisse qui pourrait s’y trouver. Les médecins animateurs de la conférence ont insisté sur la nécessité d’éviter les sodas et les limonades, à cause de leur haute teneur en sucre. Le public s’est montré très attentif, et de nombreuses personnes sont intervenues pour demander des précisions sur tel ou tel détail. Fatima, mère de famille, a demandé comment organiser le goûter pour les enfants, à leur sortie des écoles. Sans leur supprimer totalement le sucre, car en période d’activités physiques et de croissance, les médecins ont recommandé de réguler la consommation des bonbons, de chips et de chocolat. Les enfants devront apprendre à découvrir le goût des fruits, qui contiennent aussi du sucre, et qui sont riches en vitamines. Une autre femme a soulevé le problème des gâteaux traditionnels, tandis qu’une autre pose le problème des repas que l’on saute de temps à autre, faute de temps par exemple. C’est le cas des femmes travailleuses qui ne trouvent parfois même pas le temps de casser la croûte. Les communications ont aussi traité du contrôle glycémique, ou comment s’assurer que le taux de sucre dans le sang reste stable, et comment éviter les hypoglycémies, tandis qu’un autre médecin a expliqué les particularités du pied diabétique, et comment éviter les infections. Quelques laboratoires ont également été présents à cette journée, présentant au public les différents produits et autre glucomètres. En marge de la cérémonie, un participant, père d’un enfant diabétique, a attiré notre attention sur l’existence d’un certain nombre de thérapies, non encore pratiquées à Bougie. Lui-même a été obligé de faire suivre son enfant par un diabétologue installé à Jijel. Après une rapide enquête, il semblerait qu’il existe bel et bien un déficit en prise en charge des diabétiques à Bougie, malgré l’existence d’un certain nombre de médecins et d’associations spécialisés.
N. SI YANI

