La comédienne Lamia Mahiout primée au Festival international du film amazigh d’Agadir – «C’est le fruit de plusieurs années de travail»

La jeune et talentueuse comédienne Lamia Mahiout vient d’être primée au Festival international du film amazigh d’Agadir, au Maroc, grâce à sa remarquable prestation dans le film «la toile d’araignée». Dans cet entretien, elle nous parle de ce sacre et de son amour pour le cinéma.

La dépêche de Kabylie : On vient de vous décerner le prix de la meilleure interprétation féminine, « Issni N’ourgh » pour le rôle de Sara que vous avez joué dans le film « la toile d’araignée », réalisé par M. Idir Saoudi, à la huitième édition du Festival International du film amazigh, qui s’est déroulé du 18 au 21 novembre à Agadir, au Sud du Maroc. Quel était votre sentiment lorsque vous avez appris la nouvelle?

Lamia Mahiout : C’est quelque chose d’énorme pour moi, je ne m’attendais vraiment pas à une telle consécration. C’est le fruit de plusieurs années de travail. Ce prix va me motiver encore plus pour persévérer dans ce métier que j’aime beaucoup et à aller de l’avant. Je suis si fière et honorée au point d’avoir les larmes aux yeux à chaque foi qu’on aborde ce sujet.

 

Comment l’avez-vous appris? Et à qui le dédiez-vous ?

Le hasard a fait que c’est la personne qui a toujours cru en moi et qui m’a toujours soutenue qui m’annonce la nouvelle. Cette personne n’est autre que ma sœur Lynda. Au départ, quant elle m’avait appelé vers 4 heures du matin pour m’apprendre la nouvelle, je n’ai pas cru mes oreilles, et ce n’est qu’après avoir reçu des remerciements de la part des jurys du Festival via Internet (Face Book) ainsi que des appels et des e-mails de félicitations de la part de mes amis et de mes fans que j’ai réalisé que c’était bel et bien vrai. C’est une récompense qui ma vraiment fait plaisir et m’a procurée une joie inimaginable. Je la dédie en premier lieu à ma sœur Lynda, à tous mes fans, à mes parents qui m’ont énormément aidés et qui m’ont permis de vivre ma passion du cinéma. Je la dédie également à tous mes amis ainsi qu’à ma maquilleuse et amie Nabila.

Dites-nous Lamia, comment êtes-vous venue à la comédie?

J’ai débuté dans ce métier à l’âge de 17 ans, avec un long métrage intitulé « Ma mère m’a dit », où j’ai interprété le rôle de « Doudouch » ; et c’est de là que tout est parti. Par la suite, j’ai poursuivi mes études et fait une école de cinéma et même un peu de théâtre en France. Une fois mes études universitaires terminées, j’ai intégré le monde du travail pour un certain temps, mais il me manquait toujours quelque chose pour épanouir. C’est là que je me suis rendue compte que j’avais toujours cet amour pour la comédie en moi. Alors, j’ai décidé d’assouvir ma passion en interprétant plusieurs rôles dans des films et des séries avec beaucoup de hargne et de passion.

Quels sont les films dans lesquels vous avez joué ?

J’ai joué dans le feuilleton « Thinififth I» puis « Thinififth» deuxième saison, ensuite dans deux longs métrages, « la toile d’araignée » et «le cri du silence ». J’ai également interprété un personnage dans un feuilleton en arabe dialectal, intitulé « Mou3anat Imraa », réalisé par M Amar Tribéche. C’était une première pour moi.

D’autres projets à l’horizon ?

Actuellement, je suis en tournage. Il s’agit d’un long métrage intitulé « le cri du silence », réalisé par M Youcef Amran, où j’incarne le rôle d’une femme battue. J’ai d’autres propositions, mais je n’ai pas encore tranché. On verra bien !

Que pensez-vous du cinéma kabyle ?

Le cinéma kabyle et tout jeune, je le définirai comme un bébé il faut le préserver et le perfectionner. Je pense qu’il faut se former pour aller vers la professionnalisation du métier. Je souhaite qu’il grandisse et mûrisse. Pour ma part, j’ai ouvert une boite de production cinématographique au chef-lieu de wilaya pour pouvoir produire et réaliser des films, et apporter, par là même, ma petite pierre à l’édifice.

Lamia, présentez-vous au grand public

J’ai 27 ans, je suis originaire et native du village Azouza dans la daïra de Larbaâ Nath Irahen. Je suis partie en France à l’âge de huit ans, où j’y ai fait mes études. Toutefois, je n’ai jamais coupé les ponts avec mon pays. C’est derniers temps, je suis plus ici que là-bas.

Entretien réalisé par Karima Talis