Coulée de boue à Azeffoun

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La scène semblait être tirée d’un film catastrophe ! Des balcons, des seuils et des trottoirs,les riverains assistaient au sinistre spectacle qui se déroulait devant leurs yeux.

Les hommes de la sûreté urbaine, venus en renfort, tentaient vaille que vaille de rétablir l’ordre. Sur la route, les voitures enlisées dans la boue ne pouvaient ni avancer ni reculer tant la chaussée est étroite. Cela s’est passé dans la matinée de ce mercredi dans la ville d’Azeffoun. Pourtant, lors de notre passage et en nous dirigeant vers ce lieu nommé pompeusement la nouvelle ville, un panneau large qu’on peut voir de loin invite les citoyens au civisme en veillant à la propreté de la cité. Hélas ! quelle propreté à observer sur ce lamentable axe inondé de boue ? En effet, l’étroite route qui conduit vers la cité dénommée «nouvelle ville» où se trouvent à la fois un CEM, le centre de formation professionnelle mais surtout le nouvel hôpital, est dans un état de dégradation avancé. Des nids-de-poule la jonchent de partout rendant la circulation chaotique et difficile. Il a fallu de quelques gouttes de pluie pour qu’à quelques mètres du centre hospitalier inauguré en 2012, la chaussée s’effondre emportée par la subite coulée d’eau. Joindre le centre de soin est devenu, soudain, impossible puisque l’autre rue adjacente et qui conduit elle aussi vers les lieux était fermée à la circulation. Du coup, les riverains ont vécu une matinée jalonnée d’incertitudes. En contre- bas, les élèves pataugeaient dans la boue pour rejoindre leur école. Un peu plus haut, les accompagnateurs des malades ne savaient plus comment les acheminer vers l’hôpital. L’urgence devenait urgente !

Les cases sont entrées en action pour aménager un passage plus ou moins praticable pour parer au plus pressé c’est-à-dire, dégager la voie pour rejoindre le centre hospitalier. Pendant ce temps, la situation était cauchemardesque pour les familles des malades obligés qu’ils étaient d’évacuer ces patients à pied, à l’image de cette vielle dame, a bout de souffle et qui tremblait de tout son corps et qui ne trouvait plus la force d’aller jusqu’au bout de la montée qui mène vers les portes de l’hôpital. La scène était atrocement déplorable !

Tout autour, les commentaires allaient bon train et les critiques étaient des plus virulentes. «C’est toujours le citoyen qui trinque à cause des travaux bâclés. Il ne s’agit là que des premières pluies et elles sont loin d’êtres diluviennes, qu’en serait-il s’il avait plu plus abondamment ? C’est toute la ville que serait emportée ?», nous dira un citoyen. Même colère chez cet autre: «Est-ce qu’on ne peut pas aménager une route qui mène à un établissement aussi vital qu’un hôpital ? Regardez ces crevasses et ces nids-de-poule ! Une telle route permet-elle d’évacuer en urgence un malade ? Comment peut-on expliquer cette dégradation rapide de la chaussée et cet éboulement aux premières gouttes de pluie de la saison ? C’est scandaleux pour ne pas dire plus !»

Comment contenir sa colère quand on apprend que faute d’accès à l’EPH de la ville, la dépouille d’un homme décédé mardi soir fut bloquée au niveau de la morgue de l’hôpital et sa famille n’a rien trouvé de mieux que de reporter l’enterrement d’une journée ? D’ailleurs sur facebook, les citoyens d’Azeffoun ne furent pas tendre envers les autorités de la ville.

A.S. Amazigh 

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